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Cette image vous choque ? Nous aussi.

Une peinture méconnue

L'illustration choisie comme en-tête de ce site est une peinture murale de Reque Meruvia, qui se trouve aux Archives générales militaires à Madrid. Galicien, le général Franco avait une grande dévotion pour saint Jacques qui apparaît ici au-dessus de lui sur son cheval blanc comme à Clavijo. Il a favorisé les recherches sur Compostelle et, d'une certaine façon, il a marqué l'essor contemporain du pèlerinage. Cette image peu connue manifeste notre souhait de délivrer un discours nouveau sur Compostelle. Dans leur majorité ceux qui en parlent répètent un discours standardisé, basé sur les idées des curés du XIXe et des postulats jamais vérifiés émis à partir du moment où a été connu le document devenu en 1938 le Guide du pèlerin.

29 Mars 2009


Une image qui interpelle

Cette image de saint Jacques Matamore heurte beaucoup de pèlerins. Ce site s'en fait l'écho dans les pages Reconquista et Réconciliation. Mais les combats politiques et idéologiques pour lesquels fut enrôlé saint Jacques n'ont pas visé seulement l'Islam des Sarrasins. Accompagnant les troupes des Conquistadores, il a aussi été le Mataindios dont les exploits sont racontés [sur ce site]url:http://www.saint-jacques.info/mataindios/mataindios.php

Dans la lutte contre les Républicains

Plus récemment et c'est ce que symbolise la peinture ci-dessus, il fut invoqué par les Nationalistes espagnols dans leur lutte contre les Républicains, oubliant qu'il y avait aussi chez ces derniers des frères dans la foi de l'apôtre. Et n'est-il pas curieux de voir enrôlés sous la bannière du Matamore, les supplétifs marocains venus prêter assistance à ce combat ? (L'histoire apprend d'ailleurs que de telles alliances avait déjà eu lieu à l'époque de la domination sarrasine, des princes chrétiens n'hésitant pas à demander l'aide musulmane contre d'autres chrétiens).

Enrôlé dans la croisade contre l'Irak

Pendant la période de la guerre froide, saint Jacques soutint un autre combat, cette fois-ci contre le communisme international. Plus récemment il fut enrôlé dans un autre combat. Le journal madrilène El Mundo n'écrivait-il pas, en juillet 2003, "L'armée espagnole va défiler en Irak sous la bannière de saint Jacques Matamore". Ces conflits armés sont loin d'être terminés et d'autres menaces se font jour.

Un danger toujours présent

L'appel à saint Jacques pour combattre tous les ennemis de la religion est récurrent et le danger est grand que l'Eglise catholique devenue minoritaire, souvent incomprise et controversée ne tente de donner au pèlerinage à Compostelle un nouvel élan missionnaire contre les dangers nouveaux au risque de lancer de nouvelles croisades. Déjà un de ses responsables nous a-t-il parlé de "bons pèlerins" objet de sa sollicitude, "laissant les autres aux associations". Nous voyons là un danger auquel il convient de rester très attentifs.

La France et l'Europe n'ont pas les mêmes traditions que l'Espagne

Le marketing du pèlerinage à Compostelle est né il y a plus de 1000 ans mais il se prolonge. Il a réussi à faire croire que Compostelle a fait l'Europe. Alors que c'est l'Europe qui a fait Compostelle.
Un mythe est né qu'il est intéressant d'essayer de comprendre. Histoire et légendes y sont mêlées et les croyances prennent parfois le pas sur les faits.
Si Compostelle a pu devenir un symbole européen, c'est parce que, dans l'Europe médiévale, les pèlerins ont été innombrables. De nombreux saints étaient vénérés en dehors de saint Jacques. Et si, en Espagne il était le vainqueur de Clavijo, il était ailleurs le rédacteur de l'Epître, passeur des âmes, auquel Saint-Louis se référait en demandant sur son lit de mort le "sacrement de Monseigneur Saint-Jacques".


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