" Un document exceptionnel, et sur le pèlerinage, et sur l’époque ". Jérôme Garcin à Denise Péricard-Méa.

L'homme à cheval sur les chemins de Compostelle, 1963

1963, l’aventure commence, 4 cavaliers emboîtent le pas d’Henri Roque pour rejoindre Saint-Jacques de Compostelle. Accompagnés depuis le Somport par 4 officiers espagnols, ils atteignent leur but le 28 juin 1963. Partis pour une aventure sans lendemain, comme pour un défi, on découvre, ils découvrent, qu’ils ont été les pionniers de la reconversion du cheval dans la société d’aujourd’hui, qu’ils ont montré le chemin à tous les pratiquants d’équitation d’extérieur.



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Charles Pichon, un pèlerin méconnu

Charles Pichon mérite d'être mieux connu des pèlerins et des amoureux des chemins de Compostelle. Journaliste catholique engagé, persuadé que le pèlerinage est facteur de paix, il a lutté pour qu'il soit utile aux relations franco-espagnoles. Mais il disparut trop tôt pour connaître l'essor contemporain. L'avait-il même entrevu ?

10/11/2015


Charles Pichon, un journaliste engagé pour Compostelle

Caricature de Charles Pichon (Wikimedia)
Caricature de Charles Pichon (Wikimedia)
De 1938, à sa mort en 1963, Charles Pichon, journaliste spécialiste des questions religieuses a joué un rôle majeur concernant Compostelle.

Homme de foi, il s'est efforcé de faire admettre que les pèlerinages étaient des facteurs de paix et de compréhension. Par son intermédiaire, le sanctuaire de Saint-Jacques de Compostelle a été utilisé à plusieurs reprises comme lien entre la France et l'Espagne à des époques difficiles pendant lesquelles les autres relations étaient coupées.

Un pèlerinage sous tension

En 1938, Charles Pichon, journaliste à l’Echo de Paris, obtient des autorités françaises l’autorisation d’organiser un pèlerinage à Compostelle, sous la condition expresse que les pèlerins s’abstiennent en Espagne de toute activité politique. Trois cent participants répartis dans sept autocars sont accompagnés par les autorités espagnoles et les dirigeants du tourisme. Vingt-cinq ans après, Charles Pichon raconte dans un bulletin associatif :

C’était l’été 1938. La guerre civile sévissait alors en Espagne, mais son issue ne faisait pas de doute pour ceux qui jetaient sur la carte des opérations un œil clair. Et parmi eux, les hispanisants, les amis de l’Espagne, se posaient des questions sur l’avenir des relations franco-espagnoles au lendemain de la décision militaire… se détache soudain un nom prestigieux, auréolé de la brume dorée des plus anciennes histoires, Compostelle !

Peu avant sa mort, il avait écrit le texte d’une allocution qu’il devait prononcer au Centre d’Etudes et de recherches Ibéro-américaines (texte paru dans la revue Compostelle, n° 10, 2ème trim. 1962)


Un enthousiasme révélateur

Voici donc un quart de siècle que nous avons rouvert le camino francés  ! Il y avait bien deux cent ans que les Français avaient déserté, du moins en groupe, ce chemin qu’ils avaient créé et doté de leur nom. Nous parcourûmes ainsi ce que j’appellerai le triomphe français, de la frontière à Santiago. Ceux qui n’y étaient jamais venus s’y sentaient naturellement chez eux. Il y a dans cette ville presque entièrement celte un air de famille qui s’empare aussitôt du Français. Un peu de science lui fait connaître les archevêques de jadis qui furent ses compatriotes. S’il approfondit encore les fouilles des constructions de Gelmirez, comme on l’a fait depuis quelques années, il touche du doigt, avec certitude, le tombeau de l’Apôtre qui mangea et but avec le Christ ressuscité. Enfin, il peut nourrir une humble mais solide fierté de continuer l’œuvre de la Nation et de l’Abbaye qui, délibérément, créèrent et entretinrent le chemin.
Et il était bien vrai que les Français revenus dans le millénaire chemin français, tout rentrait dans l’ordre… Nous n’avons pas laissé chaque année, par invitations et pèlerinages, de faire revivre la fraternité chrétienne de l’Espagne et de la France dans cet axe privilégié. Nos hôtes d’honneur se sont appelés par exemple, à Santiago, le cardinal Feltin*, Monseigneur Blanchet*, Monseigneur Veuillot*** ou les dirigeants de la ville de Paris, et à Paris, l’archevêque Quiroga ou les alcades de Santiago. Bientôt même il ne sera plus nécessaire de faire des invitations : le chemin est à nouveau frayé, foulé, vivant et joyeux.


* archevêque de Paris, président de Pax Christi,
**recteur de l'Institut Catholique de Paris,
***coadjuteur du cardial Feltin puis archevêque de Paris.


La confirmation du rôle de la France

Goethe aurait affirmé que l’Europe s'est construite en pérégrinant. Et pour beaucoup au début du XXe siècle, le sanctuaire de Compostelle était l'unique but des pèlerins de la Chrétienté médiévale. Membre du premier Conseil d'Administration de la Société, Charles Pichon a contribué à transformer le saint Jacques tueur de Rouges, porte étendard de Franco en saint pèlerin ouvrant l'Espagne sur l'Europe.
Il est l'un des Français qui ont parfois devancé puis fortement aidé l'Espagne à ouvrir les chemins de Compostelle contemporains. Sans eux,  l'Europe n'aurait pas construit Compostelle comme elle l'a fait en 1987. Sans leurs successeurs, les chemins de Compostelle en France n'auraient pas été inscrits au Patrimoine mondial en 1998.

Pour approfondir

Un article de la revue électronique SaintJacquesInfo permet à ceux qui le souhaitent d'aller plus loin dans la connaissance de l'histoire du pèlerinage à Compostelle. Ils y trouveront les références des informations données ici. Voir Le triomphe de Compostelle

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