" Un document exceptionnel, et sur le pèlerinage, et sur l’époque ". Jérôme Garcin à Denise Péricard-Méa.

L'homme à cheval sur les chemins de Compostelle, 1963

1963, l’aventure commence, 4 cavaliers emboîtent le pas d’Henri Roque pour rejoindre Saint-Jacques de Compostelle. Accompagnés depuis le Somport par 4 officiers espagnols, ils atteignent leur but le 28 juin 1963. Partis pour une aventure sans lendemain, comme pour un défi, on découvre, ils découvrent, qu’ils ont été les pionniers de la reconversion du cheval dans la société d’aujourd’hui, qu’ils ont montré le chemin à tous les pratiquants d’équitation d’extérieur.



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Fêter saint Jacques

Le 25 juillet est la fête de saint Jacques. Beaucoup penseront à saint Jacques de Compostelle. Mais ce nom est celui d'une ville, sanctuaire de pèlerinage où est vénéré un saint Jacques. Cet article vous dit lequel et pourquoi.

23/07/2016


De quel saint s’agit-il ?

Récemment rénovée, l'église Saint-Jacques de Montrouge est un témoin d'une dévotion à saint Jacques, sans lien avec Compostelle
Récemment rénovée, l'église Saint-Jacques de Montrouge est un témoin d'une dévotion à saint Jacques, sans lien avec Compostelle
En réponse à cette question, la plupart des pèlerins et même des prêtres disent : Jacques de Compostelle. Or aucun Jacques, issu de Compostelle, n’a été déclaré saint.
Le nom Saint-Jacques-de-Compostelle est celui d'une ville. Il est utilisé pour désigner le saint qui est vénéré à Compostelle, Jacques le Majeur, l’un des deux apôtres prénommés Jacques, souvent confondus dans l’esprit des fidèles du Moyen Age, avec un troisième, dit « frère de Jésus », ainsi qu’avec le rédacteur, inconnu, de l’Epître de Jacques.

L'église Saint-Jacques de Montrouge a eu un lien avec Compostelle à la fin du XiXe siècle comme sanctuaire de substitution proposé par l'archevêque de Paris pour l'année sainte extraordinaire décidée lors de la publication de la Lettre apostolique Deus omnipotens.
 

L’Epître source majeure de la dévotion

Bien que celle-ci soit largement postérieure aux temps apostoliques, sa rédaction fut longtemps attribuée à l’apôtre Jacques le Majeur, l’un des plus proches compagnons de Jésus avec son frère Jean et Simon que Jésus appela Pierre.
Cette Epître mériterait d’être mieux connue. Elle est importante par les conseils qu’elle prodigue pour la vie courante. Elle a donné naissance aux prières pour les frères malades et a fait de saint Jacques le Majeur l’intercesseur au moment de la mort.
Cette dévotion est à l’origine de nombreux sanctuaires locaux, sans autre lien avec Compostelle que d’avoir été des lieux où l’on racontait sa légende.
 

Charlemagne délivré des griffes du démon

Le plus illustre bénéficiaire de l'intervention de saint Jacques au moment de sa mort est Charlemagne. L'image ci-dessous est celle d'une des scènes représentées sur le bourdon des rois de France qui est au musée du Louvre.
Charlemagne est allongé, son âme, représentée par un petit personnage le quitte, de sa main gauche, saint Jacques s'en empare, chassant les démons de son bourdon fermement tenu de la main droite.
Saint Jacques sauvant l'âme de Charlemagne
Saint Jacques sauvant l'âme de Charlemagne

Saint-Jacques-de-Compostelle

Ce nom est celui de la capitale de la Galice, Santiago en espagnol. L’apôtre a donné son nom à la ville. L’Espagne catholique, envahie par les Sarrasins, l’avait choisi comme patron pour l’assister dans la défense de la foi et la reconquête des territoires perdus. Un miracle avait permis de retrouver son tombeau dans un ancien cimetière romain. La ville s’est développée autour de ce tombeau.
Ce patronage s’est révélé efficace en particulier à Clavijo où l’apôtre apparu dans le ciel monté sur un cheval blanc l’épée à la main, a donné la victoire au roi Ramire. Là est née l’image du Matamore, très présente dans les églises du chemin de Compostelle.
Une légende fut inventée trois siècles après la découverte du tombeau pour la raconter ainsi que la « Translation » miraculeuse du corps martyrisé à Jérusalem jusqu’en Galice. Elle fut liée à la légende de Charlemagne ce qui assura la notoriété de Compostelle en mobilisant la chevalerie pour la Reconquista.

Saint Jacques au moment de la mort

L'enfeu 4 de l'Hôtel des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse apporte une autre représentation de l'intervention de saint Jacques au moment de la mort.
Pendant plusieurs années, le démon qui lui fait face a été considéré comme un " personnage énigmatique ". Denise Péricard-Méa en a donné l'interprétation en 2010.

 

Quelles fêtes et à quelles dates ?

Au fil des siècles et des lieux, saint Jacques le Majeur fut fêté à plusieurs dates dans l’année.
A Compostelle, on le fêtait :
- Le 25 mars que l’on considérait comme le jour de son martyre. On remarque que cette date coïncide avec la fête de l’Annonciation (visite de l’archange Gabriel à Marie, lui annonçant qu’elle serait mère)
- Le 25 juillet a eu tendance à remplacer cette date du 25 mars en commémorant le martyre du saint
- Le 3 octobre fut célébrée, à partir du XIIe siècle, la fête des Miracles de saint Jacques
- Le 30 (27-28) décembre, considéré comme l’anniversaire de l’appel de Jésus et la fête de la Translation de saint Jacques en Galice (et sa mise au tombeau).
Hors d’Espagne, dans plusieurs sanctuaires locaux, ces fêtes de saint Jacques le Majeur étaient variables mais avec quelques ressemblances avec les fêtes citées ci-dessus - A la cathédrale de Toulouse la fête de la tête de saint Jacques avait lieu le 25 mars.
- A Echirolles près de Grenoble, c’était « le 3e jour de Pâques ».
- A la Chapelle d’Angillon (Cher) le corps de « monsieur saint Jacques » est fêté le 19 novembre, aujourd’hui encore, bien qu’on l’ait transformé en un saint jardinier pour des besoins d’ordre…
- A Vérone en Italie, on fêtait un corps de saint Jacques trouvé un 24 mai.
-Dans de nombreux sanctuaires on fêtait la saint Jacques le 25 juillet et le 1er mai, confondant ainsi Jacques le Majeur et Jacques le Mineur.
- A Paris, à Saint-Jacques de la Boucherie qui détenait plusieurs reliques de saint Jacques, on honorait le saint quatre fois dans l’année : le 30 décembre (fête de la Translation), les 1er mai et 25 juillet (fêtes du Mineur et du Majeur) et enfin le 6 octobre (fête de la Dédicace de l’église).
 

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Denise Péricard-Méa

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