" Un document exceptionnel, et sur le pèlerinage, et sur l’époque ". Jérôme Garcin à Denise Péricard-Méa.

L'homme à cheval sur les chemins de Compostelle, 1963

1963, l’aventure commence, 4 cavaliers emboîtent le pas d’Henri Roque pour rejoindre Saint-Jacques de Compostelle. Accompagnés depuis le Somport par 4 officiers espagnols, ils atteignent leur but le 28 juin 1963. Partis pour une aventure sans lendemain, comme pour un défi, on découvre, ils découvrent, qu’ils ont été les pionniers de la reconversion du cheval dans la société d’aujourd’hui, qu’ils ont montré le chemin à tous les pratiquants d’équitation d’extérieur.



Le blog des conseils de Pierre

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GRANDE RANONNÉE OU PÈLERINAGE ?

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Depuis 1990, ils ont fait 7 pèlerinages à Compostelle. Pierre tire ici quelques enseignements de la comparaison avec leurs 26 randonnées, parfois sur les mêmes chemins mais pas dans le même esprit.

11/02/2017


Un ami me parlant de la relation faite par un pèlerin de son pèlerinage et de ce qu’il y avait trouvé pour lui-même, me disait que en l’écoutant il avait été déçu du peu de lien fait avec Compostelle et qu’il avait pensé que ce pèlerin aurait pu trouver la même chose en marchant sur un GR…
Cette remarque m’a amené à réfléchir à ce qui différenciait le GR du chemin de pèlerinage ou autrement dit : en quoi le pèlerinage se différencie-t-il d’une randonnée ?
Je devrais pouvoir trouver des réponses à cette question puisque, avant d’être des pèlerins, nous avions été, ma femme et moi, des randonneurs et que, entre nos pèlerinages, nous avions continué à randonner (nous avons été 7 fois à Compostelle et avons d’autre part fait 26 randonnées)1
.
La première fois que cette question nous fut posée, c’était en 1990 lors de notre premier pèlerinage et nous entendions de la bouche d’un pèlerin allemand que nous rencontrions régulièrement, dire : « Nous avons plus beau en Allemagne…  Ce n’était pas la peine de venir si loin !  Trop de marche sur les routes. ».
Dans son journal, Simonne (mon épouse) écrivait le soir : « Il m’a fait toucher du doigt toute la différence qu’il peut y avoir entre le chemin d’un GR et celui d’un pèlerinage. Lors du pèlerinage nous accomplissons le chemin comme une tranche de vie où l’on prend tout : le bon, le moins bon, le beau, le quelconque. On ne sélectionne pas.  Il pleut, la route est mauvaise, il fait trop chaud.  On continue, on ne prend pas le bus pour autant ! On accomplit le chemin quel qu’il soit. On l’accepte et on le fait jusqu’au bout (si c’est possible !) … /… si le trajet a été beau et merveilleux, tant mieux.  C’est une joie supplémentaire, c’est comme un cadeau.
Sur le GR nous cherchons le beau, le pittoresque. Si le chemin devient trop quelconque on va voir ailleurs, s’il pleut trop longtemps, on peut arrêter… ».
Ceci me semble déjà une réponse mais on peut réfléchir plus avant.
On pourrait se demander si un pèlerinage ne se distingue pas par le fait que, d’une part, on marche sur un chemin de pèlerinage et que d’autre part on y côtoie de nombreux autres pèlerins ?
Notre expérience nous dit que cela n’est pas suffisant comme distinction. : lorsque nous sommes partis de chez nous en Belgique pour rejoindre la première fois Vézelay, puis Le Puy, ensuite Montpellier et enfin Tours, nous n’avons pas suivi un chemin de pèlerinage tracé, nous avons établi notre propre itinéraire et nous n’y avons rencontré aucun autre pèlerin… et sur notre premier chemin (en 1990) nous avons dû attendre la montée vers Roncevaux pour rencontrer les premiers pèlerins. Et cependant pour nous, nous étions à notre 60ème jour de pèlerinage !
Bien que les rencontres avec d’autres pèlerins soient une des richesses apportées par le pèlerinage, ce ne sont pas elles qui définissent le pèlerinage, pas plus d’ailleurs que le chemin suivi.
Ce dernier point est encore confirmé pour nous par le fait que nous avons marché sur les mêmes itinéraires en pèlerins et en randonneurs. En 1994 nous avons pérégriné jusqu’à Compostelle en empruntant en France le chemin passant par le Puy-en-Velay, et en 1997, nous avons randonné du Puy à Cahors.
Qu’est-ce qui distinguait ces deux marches ? D’abord, le fait que lors de notre pèlerinage si nous suivions en gros les villes-étapes du GR, nous abandonnions allègrement le GR lorsque des chemins de traverse étaient plus directs, tandis que lors de notre randonnée, nous avons suivi en totalité les 325 Km du sentier balisé. Ensuite par le fait que nous n’étions pas dans les mêmes dispositions d’esprit : dans le premier cas, nous étions des pèlerins et dans le second, nous étions des randonneurs !
Il nous semble donc clair que ce qui distingue une « randonnée sur un GR » d’un « pèlerinage », c’est avant tout l’état d’esprit de celui qui se met en marche. Comme le disent J. CHÉLINI & H. BRANTHOMME « Le pèlerinage fonctionne comme la manifestation matérielle d’un itinéraire spirituel… /… Le pèlerin s’engage totalement, physiquement et spirituellement… »2
.
C’est parce que le marcheur s’engage dans une démarche spirituelle, d’ouverture, de questionnement, d’écoute, de recherche, de lâcher prise, « qu’il entre dans la grande famille des pèlerins et que son chemin devient un chemin de pèlerinage »3
.
 
1 Liste de nos randonnées et pèlerinages, http://verscompostelle.be/raliste.htm
2 Jean CHELINI et Henry BRANTHOMME, Les pèlerinage dans le monde . A travers le temps et l’espace, Hachette, 2004, p. 439
3 Michel GUILLAUME, (membre du conseil d’administration de l’Association Belge des amis de Saint Jacques de Compostelle), dans un mail
 
 
par Pierre Swalus
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Pierre Swallus

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