" Un document exceptionnel, et sur le pèlerinage, et sur l’époque ". Jérôme Garcin à Denise Péricard-Méa.

L'homme à cheval sur les chemins de Compostelle, 1963

1963, l’aventure commence, 4 cavaliers emboîtent le pas d’Henri Roque pour rejoindre Saint-Jacques de Compostelle. Accompagnés depuis le Somport par 4 officiers espagnols, ils atteignent leur but le 28 juin 1963. Partis pour une aventure sans lendemain, comme pour un défi, on découvre, ils découvrent, qu’ils ont été les pionniers de la reconversion du cheval dans la société d’aujourd’hui, qu’ils ont montré le chemin à tous les pratiquants d’équitation d’extérieur.



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L'histoire d'une relique et d'une peinture murale

Un chef très convoité, un patrimoine à restaurer

En 2013, la Commémoration nationale de la découverte du tombeau de saint Jacques à Compostelle nous a donné l'occasion de mettre en valeur les recherches de Denise Péricard-Méa sur les reliques de saint Jacques. La possession d'une relique a le plus souvent été à l'origine de la création d'éléments du patrimoine qu'il convient d'entretenir et de faire vivre. C'est en particulier le cas à Aire-sur-la-Lys.

17/06/2012


Un chef de saint Jacques à Arras

Le reliquaire d'Arras aujourd'hui
Le reliquaire d'Arras aujourd'hui
L'abbaye Saint-Vaast (VIIe), d'Arras, aurait reçu d'un roi de France dont l'identité est inconnue (Charles le Chauve, dit-on au XVIIIe siècle, mais il s’agirait plutôt de Charlemagne) un « chef de saint Jacques », relique qu'il aurait tirée de son propre Trésor. Son histoire est connue par un texte figurant au cartulaire de l’abbaye, écrit à la fin du XIIe siècle par le moine Guimann ou par un interpolateur. Cette tête venait-elle du Trésor d'Aix-la-Chapelle ?

Le vol de la relique pour Berclau

Entre les années 1020 et 1041, la relique fut volée et portée à Berclau, à une trentaine de kilomètres d’Arras. Aussitôt s’instaura un pèlerinage, les habitants du voisinage vinrent très vite y célébrer en l’honneur de l’apôtre des vigiles solennelles et y apporter de pieuses offrandes.
Plus d'un siècle après, en juin 1166, l’abbaye Saint-Vaast prend la résolution d’aller la récupérer. L’abbé partit en grande pompe, accompagné de l’évêque. A l’arrivée, pas de relique dans l’autel, comme le prétendaient les textes. Un moine semble trahir en promettant de la trouver quelques jours plus tard. Ce moine délateur était en fait un voleur qui avait déjà soustrait la relique et l’avait cachée dans l’église dans l’intention de la vendre. Pris sur le fait entrain de déterrer le précieux objet, il est obligé de le rendre aux moines d’Arras qui quittent l’église dans l’allégresse. C’était compter sans les habitants du lieu qui, armés d’épées ou de bâtons, obligent les moines à la retraite. Ils vont demander du secours au comte de Flandre, Philippe.

Le vol de la relique pour Aire-sur-la-Lys

Ils obtiennent gain de cause, arrivent à Arras et déposent bien imprudemment la relique en l’église Saint-Michel à l’entrée de la ville, d’où une procession solennelle devait venir la chercher le lendemain. C’était compter sans le comte de Flandre, fort alléché, qui prétendit que la relique lui appartenait puisqu’elle avait été trouvée sur son domaine. Il s’empara de force du trésor et le confia aux chanoines de la collégiale Saint-Pierre d’Aire-sur-la-Lys qui venaient d’achever leur église dont ils attendaient la consécration. En cette époque où la petite ville était en pleine expansion, les chanoines instituèrent aussitôt une fête solennelle en l’honneur de saint Jacques et les pèlerins se précipitèrent.
Au sommet du tableau, saint Jacques et le reliquaire
Au sommet du tableau, saint Jacques et le reliquaire

Le retour de la relique à Arras. Son partage en deux.

Demi chet de saint Jacques à Arras
Demi chet de saint Jacques à Arras
Il fallut six longues années de transactions pour faire plier le comte Philippe et le contraidre à rendre la relique. En 1172, il obtint néanmoins de ne rendre qu’une moitié du chef afin de ne pas tuer le pèlerinage d’Aire.
Dorénavant, le pèlerinage d’Arras fut à nouveau très couru et le saint chef « honoré fort grandement ».
Le 4 mai 1602 le reliquaire fut ouvert et une petite partie de relique fut donnée à l’abbé de Saint-Martin de Tours qui le demandait pour consacrer un autel dans son abbatiale.

En 1858, une nouvelle translation a lieu, dans le reliquaire qui semble bien celui qui est actuellement conservé dans la cathédrale. Le récit en est fait par le chanoine Van Drival.
… Nous avons enveloppé le chef avec le respect et les honneurs convenables, d’abord avec un corporal, puis dans une forte soie rouge, et nous l’avons déposé dans la nouvelle châsse qui est sous l’autel de Mgr., après avoir remis en place, dans un étui spécial, tous les documents, ou instrumenta, que nous avions trouvé dans l’ancienne, en y joignant le nouveau procès-verbal de reconnaissance, dont nous donnons le texte aux pièces justificatives de ce travail. Il y a dans cette châsse, outre le chef de saint Jacques, avec cette inscription imprimée sur parchemin : caput venerandum B. Jacobi Majoris apostoli N.N.J.C., le chef de saint Nicaise, deux os de saint Willibrord et de nombreuses reliques des saints Géréon et compagnons de la légion thébaine.».

La bande dessinée d'Aire-sur-la-Lys

Un tableau en 15 panneaux raconte l'histoire de la relique
Un tableau en 15 panneaux raconte l'histoire de la relique
Malgré la conservation de la moitié de la relique à Aire, le pèlerinage périclita. Mal mise en valeur, la relique était peu visible. Les pèlerins ont cru que le chef était en entier à Arras. Mais un siècle plus tard les chanoines firent faire un nouveau reliquaire montrant la totalité de la relique ce qui relança le pèlerinage

Le reliquaire a été placé, au début du XVIe siècle, dans une chapelle Saint-Jacques récemment adjointe à la collégiale. En 1594 estime-t-on, un chanoine qui fit décorer de peintures murales un mur entier de cette chapelle. Une série de quinze scènes raconte l’histoire de la relique d’après les textes et montre les pèlerins autour de cette relique. L’intérêt majeur de ce décor est de montrer que c’est là que sont présentes les « foules » dont on parle tant, attirées par la proximité d’un sanctuaire capable d’accueillir leurs suppliques, à l’heure du danger immédiat. On y voit les miracles ayant eu lieu devant le chef de l'apôtre, principalement des résurrections d'enfants. Un autre intérêt, moins immédiat, est de montrer que la relique ne vient pas du Trésor d’un roi de France, ....

Pour connaître toute l'histoire, voir un article très complet de Denise Péricard-Méa dans la revue SaintJacquesInfo

Commémorer saint Jacques en 2013

Douai a donné en 2013 un exemple très intéressant de restauration d'un reliquaire et mise en valeur d'une relique.
Translation de relique à Douai

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Patrimoine contemporain | Comprendre et sauvegarder le patrimoine jacquaire








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Brève histoire du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle