" Un document exceptionnel, et sur le pèlerinage, et sur l’époque ". Jérôme Garcin à Denise Péricard-Méa.

L'homme à cheval sur les chemins de Compostelle, 1963

1963, l’aventure commence, 4 cavaliers emboîtent le pas d’Henri Roque pour rejoindre Saint-Jacques de Compostelle. Accompagnés depuis le Somport par 4 officiers espagnols, ils atteignent leur but le 28 juin 1963. Partis pour une aventure sans lendemain, comme pour un défi, on découvre, ils découvrent, qu’ils ont été les pionniers de la reconversion du cheval dans la société d’aujourd’hui, qu’ils ont montré le chemin à tous les pratiquants d’équitation d’extérieur.



Le blog des conseils de Pierre

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Le renouveau du pèlerinage chrétien

L'évangélisation par l'hospitalité

Depuis 10 ans l'Eglise de France s'intéresse activement au pèlerinage à Compostelle. Elle a commencé par la création d'un carnet de pèlerin catholique puis a développé un ensemble de services, dont les accueils chrétiens. Elle propose maintenant une nouvelle approche que traduit l'expression "Eglise du chemin".

29/03/2009


Une Eglise de la reconquête du Chemin

L'intérêt de l'Eglise de France pour Compostelle a des racines aussi lointaines que le pèlerinage lui-même. Mais la plante ainsi enracinée s'était considérablement anémiée. Elle a été revigorée au XIXe siècle, en particulier par les Assomptionistes dans leur grand mouvement de relance des pèlerinages pour ramener les masses à la foi. Avec la reconnaissance des reliques, le pape Léon XIII a donné un nouvel élan à Compostelle. Cet élan a été très variable selon les diocèses comme en témoignent les travaux de Micheline Mouradian sur la réception de la Lettre apostolique Deus Omnipotens par les diocèses de France. Voir son article sur la revue SaintJacquesInfo Cent ans plus tard, un autre pape, Jean-Paul II réveillait l'Eglise et l'Europe en se faisant lui-même pèlerin de Compostelle. Aujourd'hui, selon le site du diocèse, Mgr Brincard, évêque du Puy, "représente la Conférence des évêques de France vis-à-vis des différents partenaires, associatifs ou publics, en vue de défendre et de promouvoir la dimension religieuse du chemin de Saint Jacques". Cette désignation marque bien la volonté actuelle de l'Eglise d'être présente sur le Chemin. Cette présence s'est progressivement affirmée de plusieurs façons.

L'hospitalitée comme fer de lance

C'est un peu avant la fin des années 1990, à la veille de l'année sainte 1999 que les évêques du chemin du Puy ont lancé une action commune en créant la créanciale ou carnet de pèlerin de l'Eglise catholique, remis au pèlerin par des prêtres religieuses ou laïcs mandatés par l'Eglise. C'est un moyen pour elle de créer un lien direct avec chaque pèlerin à qui la créanciale est remise en mains propres et de lui témoigner sa sollicitude au départ d'une démarche qui est souvent à l'origine de transformations profondes. A partir de 2000 une forme nouvelle de présence chrétienne sur les chemins s'est affirmée avec la création d'accueils chrétiens laïcs à côté des lieux d'accueils institutionnels de l'Eglise (monastères, paroisses, communautés nouvelles). Parmi ces initiatives sur le chemin de Compostelle il faut citer l'Hospitalité Saint-Jacques d'Estaing dont les fondateurs ont ouvert la voie à tout un mouvement qui s'enrichit d'année en année. Indépendamment des lieux d'accueil, s'est créée une communauté d'hospitaliers inspirés par la même spiritualité de l'accueil. Elle s'est formalisée par la création d'une association, Webcompostella, sous les auspices de l'évêque du Puy qui, à notre connaissance, en été le premier président et reste membre de droit de son conseil avec un représentant de l'association pour la Nouvelle Evangélisation. Voir le site de Webcompostella

Retrouver l'esprit du chemin

Tous les pèlerins les plus anciens, schématiquement ceux d'avant 1999, disent que "l'esprit du chemin se perd". Le bulletin de l'association bretonne note ainsi dans son n° 50 : "Tout le monde peut le constater, l'engouement pour les chemins de Saint-Jacques n'a pas été sans conséquences sur l'esprit du pèlerinage, (banalisation, perte de spiritualité, abandon de la quête de sens...)." Le même bulletin affirme que " la cathédrale (les chanoines de Compostelle) envisage de généraliser la créanciale en lieu et place de la credencial, afin de rappeler le caractère chrétien du pèlerinage". A notre connaissance cet effort d'unification n'est demandé qu'aux pèlerins espagnols. Le chanoine responsable du Bureau des pèlerinages que nous avons rencontré en octobre 2008 n'a pas fait état de cette demande. Avec le même souci d'affirmer le caractère chrétien du pèlerinage, l'Eglise de Compostelle avait déjà rappelé que le but du pèlerinage était le tombeau de l'apôtre et non le cap Finisterre.

La sanctuarisation du chemin du Puy.

Le ville du Puy a su prendre une place prépondérante comme point de départ du pèlerinage contemporain en France. Deux évêques ont donné à cette ville une orientation marquée vers Compostelle, Godescalc, évêque d'origine espagnole, qui se rendit à Compostelle en 950 à l'époque de la succession du roi Ramire puis Mgr Martin, nommé évêque en 1940 quelques années après son pèlerinage à Compostelle. Aussi , l'évêque du Puy, successeur du premier pèlerin étranger connu à Compostelle, a-t-il tout naturellement pris la tête du groupe qui a été appelé "des évêques du chemin", responsables des diocèses entre Le-Puy-en-Velay et Saint-Jean-Pied-de-Port. Il a ensuite été chargé de la responsabilité mentionnée ci-dessus. Les sites du diocèse et de la cathédrale du Puy présentent donc plusieurs pages consacrées à saint Jacques et au pèlerinage de Compostelle. 75% environ des pèlerins partant de France choisissent de partir du Puy ces sites devraient donc être des références pour la présentation du pèlerinage .Le site du diocèse est plus orienté vers les services aux pèlerins. Par contre le site de la cathédrale propose aux pèlerins des informations sur l'histoire de saint Jacques et Compostelle. Il s'inspire d'un article d'un abbé Ramon Anglès, qualifié de "fort bien documenté", "travail remarquable", "excellent". Il n'en comporte pas moins un assez grand nombre d'erreurs ou d'inexactitudes que nous avons relevées. Elles font l'objet d'un autre article dans le même chapitre.

Kérygme et économie

Quelques phrases de la présentation des journées nationales de la PASTORALE DES REALITES DU TOURISME ET DES LOISIRS, tenues à Lyon, les 24 et 25 mars 2009 fournissent un cadre général pouvant aider à comprendre cette évolution. (source : http://www.penseesociale.catholique.fr/Journee-Nationales-de-la-PRTL-a.html) : "A l’heure où la valorisation du tourisme et des touristes est à l’ordre du jour, tant pour la société civile (économie) que pour l’Eglise (kérygme)(le kérygme est proclamation, annonce que Jésus-Christ est le Messie, le fils de Dieu), il est nécessaire de créer des liens avec des partenaires dont le souci n’est pas obligatoirement de nature religieuse. Deux points fondamentaux, proposés aux participants à ces journées étaient : pour annoncer l’évangile, tisser un réseau de partenaires, et tenir compte de la nouvelle gestion du temps et de l’espace. On retrouve dans ces phrases le même souci que dans la définition de la mission de l'évêque du Puy : "créer des liens avec des partenaires". Il est cependant curieux de constater que la société civile est réduite à l'aspect économique du tourisme. L'oubli de l'aspect culturel n'est sans doute du qu'au raccourci de la présentation sur Internet.

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Louis Mollaret

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