" Un document exceptionnel, et sur le pèlerinage, et sur l’époque ". Jérôme Garcin à Denise Péricard-Méa.

L'homme à cheval sur les chemins de Compostelle, 1963

1963, l’aventure commence, 4 cavaliers emboîtent le pas d’Henri Roque pour rejoindre Saint-Jacques de Compostelle. Accompagnés depuis le Somport par 4 officiers espagnols, ils atteignent leur but le 28 juin 1963. Partis pour une aventure sans lendemain, comme pour un défi, on découvre, ils découvrent, qu’ils ont été les pionniers de la reconversion du cheval dans la société d’aujourd’hui, qu’ils ont montré le chemin à tous les pratiquants d’équitation d’extérieur.



Le blog des conseils de Pierre

Envoyer à un ami
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte

Tromperie sous couvert de l'UNESCO

Un fait accompli qu'il convient de valoriser au mieux

Sur des plaques apposées sur quelques dizaines de monuments en France, on peut lire : " Les chemins de Compostelle en France ont été inscrits au Patrimoine Mondial ". Pourtant c'est faux. Qui lit les dossiers peut le constater mais le mensonge est gravé dans le marbre et personne n'ose dire le vrai.

20/07/2009


" Y-passaient-par-là " Chemins de Compostelle et patrimoine mondial

L'inscription de monuments français sur la liste du Patrimoine Mondial au titre des chemins de Compostelle a été faite, en 1998, à la suite de celle du Camino francès. Elle est due en partie à la pression de l'UNESCO, encouragée par la recommandation de 1987 du Conseil de l'Europe, en partie à la pression d'associations françaises dont la position peut être résumée par la remarque "de quoi aurions-nous eu l'air vis à vis de l'Espagne sans inscription".
L'argumentaire sur lequel le dossier d'inscription a été bâti repose sur deux postulats qui se sont avérés faux :
- il y avait  des foules de  pèlerins qui traversaient la France et pour lesquels des équipements spécifiques étaient nécessaires
- ces pèlerins empruntaient des chemins de pèlerinage spécifiques.

En l'absence de preuves de passages de pèlerins, l'approche a donc été géographique et 71 monuments ont été choisis pour servir de balises sur des chemins hypothétiques. Ces monuments n'ont été vus qu'en fonction de Compostelle, jusqu'à un dolmen et une cathédrale paléo-chrétienne ! Parmi ces monuments figurent plusieurs ponts, censés avoir été foulés par les pèlerins.

Sept tronçons de chemins ont eux aussi été inscrits, choisis pour la beauté des paysages qu'ils offrent au marcheur contemporain.

La formule magique de l'ICOMOS : 77 + 7 = 1

Après examen du dossier déposé par la France, les experts de l'ICOMOS ont remis leurs conclusions dans le document 868 du 27 juin 1997
Après avoir retenu 71 monuments ou sites et 7 tronçons du chemin, ce rapport conclut :
 
" Tout au long du Moyen Age, Saint-Jacques-de-Compostelle fut la plus importante de toutes les destinations pour d’innombrables et pieux pèlerins en provenance de toute l’Europe. Pour atteindre l’Espagne, les pèlerins devaient traverser la France, et les monuments historiques notables qui constituent la présente inscription sur la Liste du Patrimoine mondial jalonnaient les quatre routes qu’ils empruntaient.

Ce document recommande ensuite :  "Que ce bien soit inscrit sur la Liste du Patrimoine mondial.
Il s'agit donc d'un bien constitué de 71 monuments ou sites et 7 tronçons du chemin. Cette décision peut être résumée par la formule 71+7 =1.
Cette formule magique va ensuite permettre à la France de jouer partie égale avec l'Espagne.

Le document poursuit en énonçant en quoi ce bien ainsi défini répond aux critères de l'UNESCO :

Critère ii :
La route de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle a joué un rôle essentiel dans les échanges et le développement religieux et culturel au cours du Bas Moyen Age, comme l’illustrent admirablement les monuments soigneusement sélectionnés sur les chemins suivis par les pèlerins en France.
Critère iv :
Les besoins spirituels et physiques des pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle furent satisfaits grâce à la création d’un certain nombre d’édifices spécialisés, dont beaucoup furent créés ou ultérieurement développés sur les sections françaises.
Critère vi :
La route de pèlerinage de Saint-Jacquesde-Compostelle est un témoignage exceptionnel du pouvoir et de l’influence de la foi chrétienne dans toutes les classes sociales et dans tous les pays d’Europe au Moyen Age.

 

Des plaques de marbre qui oublient l'arithmétique de l'UNESCO

Une plaque qui trompe les visiteurs de ce monument
Une plaque qui trompe les visiteurs de ce monument
Comme en témoigne l'image ci-dessus, il est aisé de constater que les plaques apposées sur les monuments ne sont pas conformes aux conclusions du rapport de l'ICOMOS.
NON, le rapport de l'ICOMOS n'a pas proposé d'inscrire les chemins de Saint-Jacques en France au Patrimoine mondial. Les textes le montrent clairement.
OUI, la porte Saint-Jacques de Saint-Jean-Pied-de-Port fait bien partie des 71 monuments inscrits en tant que jalons sur les chemins.
Il y a là une tromperie sur la décision prise. Qui l'a organisée ? Nous n'avons pas recherché qui commande ces plaques aux marbriers, mais nous savons qui a invité au dévoilement de la plaque apposée le 19 septembre sur la basilique de Valcabrère.

La plupart des fonctionnaires français qui ont à connaître de cette inscription ne relèvent pas cette différence de présentation. Parmi ceux à qui elle a été expliquée il y a deux catégories, ceux qui ne comprennent pas (ou ne veulent pas comprendre) et ceux qui, ayant compris, n'ont pas les moyens (ou pas l'envie) de réagir.

Des visiteurs trouveront peut-être que nous coupons inutilement les cheveux en quatre. Tant pis pour eux. Ils sont comme nos fonctionnaires.  Notre souci n'est ni de faire croire que la France est comme l'Espagne ni de faire rêver à bon compte mais de porter un certain respect aux textes et encore plus à ce qui devrait rester exceptionnel : le véritable patrimoine mondial matériel.

Dans un langage diplomatique admirable, l'UNESCO a permis à la France de ne pas perdre la face vis à vis de l'Espagne qui avait réussi à faire inscrire la totalité du Camino francès. Grâce à ces plaques trompeuses, n'importe quel site où passe un pèlerin de Compostelle peut aujourd'hui se prévaloir d'être inscrit au Patrimoine mondial. Il y a sans doute un bénéfice local, économique, politique ou d'amour-propre. Mais quel bénéfice pour l'humanité ? Ce n'est plus le souci de l'UNESCO.

Depuis juillet 2009 le paysage s'est éclairé

La Fondation a poursuivi ses recherches. Elles ont abouti à la rédaction d'un livre et à l'ouverture d'un site Internet consacré à ce thème : Chemins de Compostelle et patrimoine mondial.
Les chemins de Compostelle en France sont inscrits au patrimoine mondial. C'est une réalité. Il convient maintenant d'en comprendre le sens profond qui n'a pas son origine dans la géographie et d'exploiter au mieux cette distinction pour lui faire honneur.
Les pages Internet mises en lien ci-dessous permettent d'aller plus loin.

Mise à jour novembre 2015

Des décisions récentes ont conduit à compléter ces informations par les articles suivants :
Compostelle en quatre temps
Quitter l'abri du dolmen

Lu 5735 fois
Fondation Ferpel

Compostelle, pèlerinage et société | L'Itinéraire culturel européen | L'inscription au Patrimoine Mondial | Pèlerins et pèlerinages | Patrimoine | Les bonnes pages | Compostelle-Cordoue








Livres de Denise Péricard-Méa
JEAN DE TOURNAI_VW
Matamore
Neuf pèlerins racontent
Chemins de Compostelle et Patrimoine mondial
Les mythes de l'apôtre saint Jacques
Le Manuel du pèlerin
Dictionnaire de saint Jacques et Compostelle
De nuremberg à Grenade et Compostelle
De la Bohême jusqu'à Compostelle
Brève histoire du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle