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71 + 7 = 1 L'équation de la Fondation David Parou Saint-Jacques

L’année 2018 célèbre de multiples façons le 20e anniversaire de l’inscription au Patrimoine mondial des Chemins de Compostelle en France. Acquise en 1998, cette inscription a fait appel à un artifice. Les chemins ne pouvant être inscrits en tant que tels l'ont été par l'intermédiaire de 71 monuments et 7 tronçons de chemins censés représenter l'ensemble. Ainsi fut posée l'équation 71+7=1. Le premier qualificatif qui nous est apparu est qu'elle avait avant tout un aspect diplomatique.

25/06/2018


Le livre qui donna corps à cette équation.

71 + 7 = 1 L'équation de la Fondation David Parou Saint-Jacques
En 2008, on pouvait entendre du Nord au Sud de la France dans les sanctuaires dédiés à saint Jacques « Ypassaientparlà ». La France commençait à s’approprier les chemins mais voyait dans le moindre de ces sanctuaires, dans les croix de chemins ou les coquilles une trace de passage des innombrables pèlerins annoncés par le justificatif de l’inscription :
Tout au long du Moyen Age, Saint-Jacques-de-Compostelle fut la plus importante de toutes les destinations pour d’innombrables et pieux pèlerins en provenance de toute l’Europe. Pour atteindre l’Espagne, les pèlerins devaient traverser la France, et les monuments historiques notables qui constituent la présente inscription sur la Liste du Patrimoine mondial jalonnaient les quatre routes qu’ils empruntaient.
Aucun historien n’avait trouvé ces innombrables pèlerins. Ils n’avaient existé que dans l’imaginaire. Tous siècles confondus, on peine à en trouver un millier alors qu’on parlait de millions. Quant aux quatre routes, elles avaient été tracées au XXe siècle sur la base d’un manuscrit du XIIe siècle inconnu jusqu’à la fin du XIXe. La décision de l'Unesco reposait sur deux affirmations non vérifiées, devenues de véritables croyances. Ceci conduisit à entreprendre une étude des dossiers d'inscription pour comprendre comment ces affirmations avaient pu être validées par les experts de l'Unesco. Nos recherches pour mieux comprendre cette inscription ont donné naissance à l'ouvrage précité dont le premier chapitre avait pour titre UNE EGALITE DIPLOMATIQUE : 71+7 = 1.
Nous avions en effet acquis la conviction, qu'outre la qualité intrinsèque de chaque monument, l'inscription était due au souhait de l'Unesco de répondre à la demande de la France d'inscrire ses chemins de Compostelle comme l'avait été le Camino francés espagnol en 1993.

L’objectif annoncé il y a dix ans

L’inscription étant acquise, notre objectif fut « d’ouvrir des pistes de réflexion, de compléter et d’enrichir les informations données au public à propos de ces monuments » (page 17). Peu connu du grand public cet ouvrage a été utilisé entre 2009 et 2018 dans les milieux spécialisés.
Cette équation 71+7=1 figure en effet au début du GUIDE METHODOLOGIQUE pour la Mise en oeuvre des outils de gouvernance du bien culturel en série Les Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France, édité sous le timbre de la Direction régionale des affaires culturelles de Midi-Pyrénées.

71+7= Une … Egalité mobilisatrice

Tel était le titre de la conclusion avançant nos propositions d’ensemble après que l’analyse des dossiers de chaque monument ait permis de faire des suggestions pour chacun d’eux.
Rappelant la déclaration de 1984 du Conseil de l’Europe recommandant « l’exemple du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle comme point de départ d’une action relative à d’autres itinéraires de pèlerinage », elle introduisait cette proposition :
« Voilà la clef, Compostelle est un symbole de tous les pèlerinages médiévaux »

71 + 7 = une mise en tourisme à inventer

Ce paragraphe faisait des propositions partiellement mises en application à partir de 2013. En particulier la nécessité de réunir les acteurs de terrains, de soutenir les initiatives locales. Par contre, nous avions souligné « qu’il ne s’agissait pas de gérer mais de faire vivre ». Pour cela nous proposions de « créer un discours commun basé sur l’histoire et non la géographie ». L’absence d’historiens dans les organismes responsables du Patrimoine mondial ne permit pas de donner suite à cette proposition. Nous appelions aussi de nos vœux la convocation d’Etats généraux du Bien. Ils restent à organiser.

71 + 7 = un patrimoine immatériel européen

Puis nous introduisions l’idée que « ce sont tous les sanctuaires de pèlerinages et tous les chemins y conduisant qui sont le vrai Patrimoine de l’humanité ».
Ces idées sont apparues, déformées, car limitées à Compostelle, dans le début du justificatif de la déclaration de Valeur Universelle Exceptionnelle des chemins de Compostelle français.
Tout au long du Moyen Age, Saint-Jacques-de-Compostelle fut une destination majeure pour d’innombrables pèlerins de toute l'Europe. Pour atteindre l'Espagne, les pèlerins traversaient la France. Quatre voies symboliques partant de Paris, de Vézelay, du Puy et d'Arles et menant à la traversée des Pyrénées résument les itinéraires innombrables empruntés par les voyageurs. Eglises de pèlerinage ou simples sanctuaires, hôpitaux, ponts, croix de chemin jalonnent ces voies et témoignent des aspects spirituels et matériels du pèlerinage.

Des lecteurs peu respectueux

Cronaca di Pietro y Floriano Villola (XIVe siècle, Bologne), mentionnée par Moralejo Alvarez Serafin catalogue exposition, San Martin Pinario, Santiago,1993.
Cronaca di Pietro y Floriano Villola (XIVe siècle, Bologne), mentionnée par Moralejo Alvarez Serafin catalogue exposition, San Martin Pinario, Santiago,1993.
Au XIVe siècle, les deux auteurs d’une chronique italienne, Pietro et Floriano Villola, se représentèrent comme un gigantesque pèlerin « voyageant sur les chemins de l’histoire ». De son bourdon, il menace les voleurs éventuels de son œuvre, en cours de fabrication dans l’atelier, derrière lui.
Placée au début de l’ouvrage, cette illustration invitait les lecteurs à respecter la propriété intellectuelle des auteurs. A l'heure actuelle, ce respect est malheureusement perdu dans de nombreux domaines.
Nous informer et nous associer à l’utilisation de nos informations aurait gagné du temps, évité des erreurs et donné sa place à l’histoire à côté de l’architecture et de la géographie dans la présentation des composantes du Bien 868.

Le véritable patrimoine commun

En réalité, il faudrait aujourd’hui dépasser le cadre européen auquel nous avions limité nos propositions. Le pèlerinage, existe dans toutes les traditions religieuses et dans toutes les cultures. 
Voila le véritable Bien commun à toute l’humanité, bien immatériel qu'il conviendrait  de faire reconnaître par l'Unesco. Sa VUE n'a pas besoin d'autre démonstration que la soif de groupes humains aujourd'hui opprimés qui ne peuvent se rendre sur les lieux sacrés de leur choix. Certains de ces lieux sur le pourtour de la Méditerranée sont en outre communs à plusieurs religions. La Fondation s'emploie pour sa part à promouvoir cette idée.

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Fondation Ferpel

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