Nouveaux regards sur Compostelle, le pèlerinage et les chemins de Saint-Jacques

A Compostelle 1952, étape 89


Rédigé par Denise Péricard-Méa le 14 Décembre 2020 modifié le 24 Février 2021

Pour célébrer en souriant le re-dé-confinement, voici une chansonnette des années 1950 qui évoquait Compostelle.
Sans doute l'avez-vous déjà entendue mais je ne résiste pas au plaisir de vous la faire réécouter. Vous pourrez aussi constater qu'elle a eu un succès qui témoigne de la présence de ce pèlerinage dans l'imaginaire populaire.



Etape n° 89
Une étape joyeuse
POUR FÊTER LE Re-Dé-CONFINEMENT

Voici ma dernière Lettre de l'année 2020
Rendez-vous le 5 janvier 2021 !
 

 

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J'ai trouvé une vieille partition de la chanson qui permet d’en apprendre davantage.


Cette chanson a lancé la carrière d’Annie Cordy. Elle a remporté en 1952 le prix Maurice Chevalier à Deauville. Il s’agit de l’un des six prix du Grand Concours de la Chanson française qui connut neuf éditions, de 1948 à 1956. Il a été créé par les professionnels de la chanson qui bénéficiaient de l’essor de la radio et de l’industrie du disque.


Le prix Maurice Chevalier récompensait une chanson fantaisiste. Annie Cordy et sa chanson ont obtenu en même temps le 1er prix ex aequo Edith Piaf qui récompensait les danses populaires.

La Samba venue du Brésil est à la mode depuis les années de guerre et fait partie du répertoire des « bals-parquets » sur tout le territoire (Maria de Bahia, 1944, La Samba brésilienne 1948 parlent sans doute aux plus anciens d’entre nous). Mais pourquoi le thème de Compostelle ?
La parolière est Gisèle Vesta, qui débute dans cette carrière avant d’écrire pour Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Eddy Mitchell, etc. Elle est l’épouse d’André Salvet, parolier lui aussi, journaliste, poète et frère de l’éditeur Robert Salvet (éditeur de la partition).
 
Elle semble avoir marié le rythme de la samba —trois pas en deux temps— avec une légende qu’elle a pu entendre ou lire en 1951 lorsque la presse parisienne a relaté les cérémonies à Compostelle du millénaire du pèlerinage de l’évêque du Puy.

En effet, la partition commence ainsi :
« Parlé sur fond musical
Il y a bien longtemps de cela, certains pèlerins se rendaient à Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, en faisant trois pas en avant et deux pas en arrière afin, dit la légende, d'obtenir de saint Jacques des grâces supplémentaires ! Mais c'est de nos jours que s'est passée la petite histoire que voilà… »

Cette légende qui ne fait pas partie du légendaire classique autour de saint Jacques s’apparenterait plutôt à la danse dite « de Saint-Guy », fêtée dans les Flandres. Mais qu’importe ! 
 

A Compostelle

 

Sur la grand-route de Compostelle Ya une fille comptant ses pas.
Que faites-vous donc Mademoiselle ? Pourquoi marchez-vous comme ça ?
 
Des pèlerins du vieux Compostelle Cherchez-vous à retrouver le pas ?
Au bon st Jacques êtes-vous fidèle Pour marcher de ce pas là ?
 
Non Monsieur, non Monsieur Répond-elle en riant aux éclats,
Non Monsieur, non Monsieur Mais j'apprends à danser la samba.
 
Sur la grand-route de Compostelle L'air attentif elle reprend le pas,
Le bon saint Jacques du haut du ciel Pour l'aider compte une-deux-trois.
 
Elle est charmante la demoiselle Et le monsieur voudrait bien ma foi,
Sur la grand-route de Compostelle La connaître mieux que çà.
 
Mais dès qu'il veut se rapprocher d'elle A reculons elle fait vite un pas.
Hélas, je vois bien Mademoiselle Que vous vous moquez de moi !
 
Non Monsieur, non Monsieur N'imaginez surtout pas celà,
Non Monsieur, non Monsieur Mais je m'entête à trouver ce pas.
 
Tout essouflé, le coeur plein de zèle Le monsieur fait des effets de voix,
Pour capter l'attention de sa belle Mais elle ne l'écoute pas.
 
Car sur la route de Compostelle Un beau garçon arrive à grand pas
Et le monsieur voit la demoiselle Gaiement lui tendre les bras.
 
C'est Juanito, quel bonheur dit-elle Ce soir il n'invitera que moi.
Nous irons au bal à Compostelle Pour y danser la samba.
 
Oui Monsieur, oui monsieur Vous semblez n'avoir pas compris çà,
Oui Monsieur, oui Monsieur C'est pour lui que j'apprenais ce pas.
 
Sur la grand-route de Compostelle L'air attentif et comptant ses pas,
Le monsieur pour plaire aux demoiselles Apprend bientôt la samba !


Dans les années 1950, la chanson a été reprise par plusieurs chanteurs, dont certains n’ont pas fait de longues carrières.
Plusieurs enregistrements se trouvent sur Youtube, (précédés souvent de pub !).

 
Puis Mireille Lacoste pour laquelle je n’ai rien trouvé, les duettistes « Les Frères Eloi » qui ont chanté la chanson avant 1958 et Raymond Bernard (1920-2005) dont je sais seulement qu’il fut le compositeur de Bécaud.

Je remercie les services culturels de la Ville de Deauville pour les renseignements  sur le Grand Concours de la Chanson française de Deauville.

Je propose aux lecteurs qui le voudront bien de me faire connaître par courrier électronique leur enregistrement préféré parmi tous ceux que l'ai présentés, y compris bien sûr, celui d'Annie Cordy : Merci

   

 

Vos libres contributions solidaires assurent la gratuité de ces envois.
chèque à Fondation David Parou Saint-Jacques,
39  rue du Sergent Bobillot, 37000 TOURS

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Denise Péricard-Méa

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