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Des chevaliers français à Compostelle au XIVe siècle, étape n°10

28 Mars 2020

Au XIVe siècle, la France et l’Espagne ont un ennemi commun, l’Angleterre. En 1386, deux demi-frères se disputent le trône de Castille, l’un soutenu par la France, l’autre par l’Angleterre. Nos chevaliers français sont incités « à combattre les Anglais de la même façon que Charlemagne l’avait fait pour les Sarrasins ».



Une expédition est montée

Froissart, chroniqueur contemporain, raconte : 300 chevaliers et écuyers français quittent La Rochelle pour défendre La Corogne de l’arrivée des Anglais. Ils arrivent le 14 mai et, en attendant, décident d’un pèlerinage à Compostelle.
« Ils se mirent en chemin tous ensemble, comme s’ils partaient à la bataille. A peine arrivés, on leur dit que les Anglais arrivent ».
Effectivement, le duc de Lancastre débarque à la Corogne avec 800 lances et 1 200 archers. Hélas devant le nombre, les chevaliers français prennent la fuite, pris de panique. Ils n’ont pas été prêts à jouer les héros de roman et à se faire tuer pour défendre le tombeau de saint Jacques. Ils battent en retraite.
Tranquillement, le duc se dirige vers Saint-Jacques « avec toutes les dames en sa compagnie. Vous devez savoir que le pays de Galice était très effrayé car il le craignait très fort ». Le maréchal des troupes anglaises précède le prince. Il trouve les portes de la ville fermées. Il demande aux compostellans d’ouvrir leurs portes et ajoute :
— « Sachez que, si vous êtes pris de force, vous serez tous mis à l’épée ». Les habitants rappellent qu’ils ont juré fidélité au roi Henri et à son fils Jean, mais les ambassadeurs refusent cet argument. Les habitants comprennent qu’ils ont tout intérêt à s’incliner et viennent en procession porter au duc les clefs de leur ville.

 

L'arrivée du duc de Lancastre à Compostelle
L'arrivée du duc de Lancastre à Compostelle
Le texte sous l’image se lit ainsi : « Comment le capitaine et ceux de la ville de Saint-Jacques vinrent au-devant du duc de Lancastre et la duchesse et leur baillèrent les clefs ».
 
Les héros furent les Anglais qui, fort élégamment,entrèrent en la ville de saint Jacques et allèrent tout droit et à pied à l’église de saint Jacques, duc, duchesse et tous les enfants et se mirent en oraison et a genoux devant le benoit corps saint et baron de saint Jacques et y firent grandes offrandes et biaux dons ».
Quelques mois plus tard, le roi d’Espagne accepte de nouveau l’aide du duc de Bourbon, venu de France avec 400 hommes. Hélas, quand ils arrivent, les Anglais sont repartis, chassés par la peste [j’avais oublié mais ça tombe bien !]. De toute façon, les Galiciens ne voulaient plus entendre parler des Français. Ils demandent au roi de repousser cette aide inutile, rappelant que les chevaliers avaient fui devant l’ennemi ! Pire, disent-ils « notre terre est gâtée et toute mangée et foulée par ces Français qui étaient chargés de la garder. Nous avons eu trop de dommages ». Ils demandent au roi de « remercier le duc de Bourbon pour la peine et le travail qu’il a eu, et qu’il leur dise, au nom du ciel, de retirer ses gens ».

***
Demain suite de l’histoire d’un des chevaliers qui accompagnait le duc de Bourbon.