Nouveaux regards sur Compostelle, le pèlerinage et les chemins de Saint-Jacques

La Fondation David Parou Saint-Jacques et la recherche jacquaire


Rédigé par Denise Péricard-Méa le 23 Janvier 2021 modifié le 19 Octobre 2021

La recherche sur le pèlerinage à Compostelle est née en France à la fin du XIXe avec l'édition du dernier Livre du Codex calixtinus. Elle a très peu progressé avant la fin du XXe. Elle reposait sur des croyances ou des hypothèses et tentait de connaître le pèlerinage médiéval à Compostelle en recherchant des chemins historiques.

En 1983, conscient de l'absence d'une approche scientifique, René de la Coste Messelière, à défaut de répondre à mes questions à mon retour de Compostelle, me conseilla d'entreprendre des études d'histoire. Je les ai poursuivies jusqu'à devenir la seule historienne française titulaire d'un doctorat sur les pèlerinages à saint Jacques et Compostelle.



Une nouvelle vision des pèlerinages médiévaux

Couverture de la thèse de Denise Péricarde-Méa publiée en octobre 2000 aux PUF
Couverture de la thèse de Denise Péricarde-Méa publiée en octobre 2000 aux PUF

Malade, René de La Coste-Messelière ne put pas assister à ma soutenance de thèse. Il décéda quelques mois plus tard sans savoir qu'elle apportait des réponses à certaines de ses interrogations. Elle révélait l'existence de nombreux pèlerinages locaux à des sanctuaires Saint-Jacques possédant des reliques du saint ainsi que l'importance des dévotions personnelles.

Il connaissait bien les travaux dirigés en Espagne par Luis Vazquez de Parga, couronnés par le prix Francisco Franco en 1945. Centrés sur le culte galicien, ils n'avaient pas pu lui donner des exemples de tels sanctuaires en Espagne et restaient quasiment muets sur les reliques de saint Jacques..

Un souhait de René de La Coste

Outre son ambition d'une recherche scientifique de qualité, René de La Coste  souhaitait que la recherche savante des professionnels collabore avec la recherche d'amateurs éclairés et de pèlerins curieux d'histoire dans les associations jacquaires.
​Je partageais ce souhait en participant au printemps de l'année 2000 aux réunions préparatoires à la création d'une Union des associations jacquaires en France où je présentais les recherches locales comme un moyen d'animation pour les associations.

Jacques Fontaine après René de La Coste-Messelière

Jacques Fontaine, successeur de René de la Coste à la présidence de la Société, participait à ces réunions. En février 2000, il proposa que la future Union dispose d'un groupe de recherche réunissant scientifiques et pèlerins. Fréquentant mon directeur de thèse à l'Institut, il connaissait mes travaux et  recommanda que je prenne la responsabilité de ce groupe.
Visite de membres du Bureau de l'Union à Compostelle en 2001. Don Jaime présente le Codex Calixtinus à Denise Péricard Méa et Marie-Françoise Migeot.
Visite de membres du Bureau de l'Union à Compostelle en 2001. Don Jaime présente le Codex Calixtinus à Denise Péricard Méa et Marie-Françoise Migeot.

La recherche dans l'Union 2000-2002

Dès juin 2000, l'Union a pu organiser, avec l'appui de la Région Centre et surtout de son président David Parou, la première rencontre de recherche des associations de pèlerins.
Quelques associations ont entrepris des recherches, tout en conservant leurs résultats. Beaucoup d'autres se montraient plus attachées aux activités traditionnelles.

En octobre 2002, un colloque scientifique, organisé avec le concours de l'association saintaise de pèlerins, fut un franc succès. Il  donna lieu à l'édition d'actes qui restent toujours d'actualité.
Mais il se tenait trop tard.

En juin 2002, les statuts de la Fondation avaient été déposés.

Une tentative avortée

En 2016 à l'Assemblée Générale de la Fédération à Bouvines, Louis Mollaret a posé la candidature de la Fondation à devenir membre associé de  la Fédération. Il apparaissait en effet que le travail effectué par la Fondation était en droite ligne avec l'objectif de la Fédération de créer une Commission Histoire et Patrimoine, pour répondre à un objet statutaire de son activité.
Cette candidature a été acceptée à l'AG de 2017. Elle aurait dû conduire à confier à la Fondation la responsabilité de cette Commission. Mais les présidents successifs de la Fédération ne l'ont pas souhaité.

La Fondation est à la fois un pôle de connaissances, un espace de coopération et de d'échanges pour la recherche jacquaire et un foyer d'initiatives concrétisé en particulier par le projet Etoiles du Patrimoine Saint-Jacques (label européen 2018). 
Elle est ouverte aux associations qui souhaitent participer à ses travaux par des recherches locales, indispensables compléments aux travaux généraux ou co-organiser des manifestations.
Seule association jacquaire qui se consacre exclusivement à la recherche sur saint Jacques, Compostelle et le patrimoine Saint-Jacques, elle est particulièrement qualifiée pour les assister dans ces domaines.
 

Qui m'aime me suive !

J'ai fait mienne cette devise d'origine inconnue. Elle a été attribuée à Cyrus et Philippe VI de Valois.
La Fondation quant à elle poursuit son chemin avec ceux qui partagent ses objectifs et ses projets.
 
Cet article m'offre l'occasion de remercier tous ceux
qui ont réagi à la publication des Lettres pèleriner-confinés,
devenues pèleriner-informé
Merci pour les questions qui m'ont poussée
à préciser ou approfondir les présentations.
Merci pour les photos ou les informations enrichissant une Lettre.
Et un Merci tout particulier à ceux qui ont partagé
la rédaction d'une Lettre.
 
J'exprime l'espoir  que ces coopérations 
se renouvellent, plus nombreuses dans l'avenir.
 

Denise Péricard-Méa