Nouveaux regards sur Compostelle, le pèlerinage et les chemins de Saint-Jacques

Le dernier saut de Tarzan, étape 110-2


Rédigé par Fondation David Parou le 25 Mai 2021 modifié le 26 Mai 2021

L’« histoire à la Tarzan » pourrait paraître anecdotique. Certes, la présence de sainte Véronique à Soulac, n’a rien à voir avec Compostelle. Mais la critique faite par l’abbé Deydou des affirmations de l’abbé Mezuret peut, elle, être appliquée à l’étude de l’histoire de Compostelle. Elle permet de découvrir qu’avant de disparaître du champ historique de Compostelle, Tarzan a fait un dernier grand saut.



A la fin du XIXe siècle, Compostelle déclinait inexorablement alors que le tourisme contemporain commençait à naître, accompagné par les Guides bleus et autres Bedecker.

Un saut de 7 siècles !

L'édition en 1882 du dernier Livre du Codex Calixtinus fut à l'origine du grand saut. Les érudits de la fin du siècle et du début du XXe sautèrent allègrement du XIIe siècle au XIXe et décrétèrent que ce Livre ne pouvait être que le guide des pèlerins médiévaux de Compostelle. 

Cette hypothèse fut immédiatement adoptée sans le moindre débat par tous les érudits et tous les chercheurs concernés par Compostelle dont elle servait les intérêts. 

Considérant le fait comme avéré, Jeanne Vielliard donna le nom de Guide du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle à la traduction qu’elle fit en 1938.

René de La Coste-Messelière lui emboîta le pas. Il fut conscient de la nécessité d’une autre recherche mais son intérêt pour l’Espagne et Compostelle lui firent toujours affirmer « Tout est dans le guide ».

L’abbé Deydou précurseur de Mgr Duchesne

L'article précédent a fait un parallèle entre l'analyse du travail de l’abbé Mezuret par l’abbé Deydou et celle qui fut faite par Mgr. Duchesne de la réalité historique des reliques de saint Jacques à Compostelle. Ces deux historiens appartenaient à la même école historique. Leur proximité méthodologique les conduisait à des visions concordantes.

Mgr Duchesne ne fut pas suivi à son époque. Mais depuis, les papes Jean-Paul II et Benoît XVI ont évité d'utiliser le mot de tombeau de saint Jacques dans leurs visites officielles à Compostelle. Le premier a utilisé le mot de mémorial. Le second a dit de la cathédrale qu'elle « fait mémoire de saint Jacques ». 
 
 

Et aujourd'hui ?

Aujourd’hui, seuls les amateurs font encore de l’histoire à la Tarzan. Ses jours sont comptés. Les touristes et les pèlerins sont de plus en plus curieux et avides de savoirs mis à leur portée. Ils souhaitent davantage d’authenticité et, en chaque lieu, des discours personnalisés. Les guides touristique et offices du tourisme ne peuvent plus se contenter de dire « Y passaient par là ».
 
Lieu par lieu, il devient utile de « détricoter » l’histoire pour comprendre comment des auteurs et des promoteurs du pèlerinage galicien ont « fabriqué » des discours à partir de phrases tronquées reliées entre elles par des suppositions. Il est nécessaire de reconstruire de nouvelles présentations et proposer de nouveaux rêves. Avec ses lettres, la Fondation David Parou Saint-Jacques apporte modestement sa pierre à l’édifice.


Denise Péricard-Méa

Fondation David Parou