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Le serpent de Belorado

Relique, ex-voto ou trophée ?

Comment qualifier cette peau de serpent conservée à Belorado ?
Le curé rit quand on lui demande à voir la relique. Mais il ne rechigne pas à ouvrir la sacristie où elle est exposée après des années passées au fond d'un tiroir.

10/05/2011


Une peau de serpent énigmatique

La moitié de la peau du serpent conservée à Belorado
La moitié de la peau du serpent conservée à Belorado
Dans son guide Au chemin de Saint-Jacques, Elias Valinas Sampedro, le savant historien curé du Cebreiro et l’un des premiers baliseurs du Camino, écrivait en 1985 :

« A la sortie de Belorado, l’ermitage de Saint-Lazare conserve la peau d’un serpent de 3 m. de long, souvenir d’une faveur accordée à un pèlerin ».

C’était vague et prudent. Mais la tradition orale a la vie dure et voici comment la racontait en 1996 Fernando, le jeune vicaire de la paroisse Santa Maria,   :

« Depuis une époque inconnue, la chapelle de l’ermitage Saint-Lazare conservait la peau (ou la mue) d’un serpent, longue de plus de 2 m. On ignore tout de sa provenance. Saint Jacques, rapportait-il, a tué ce serpent pour sauver un pèlerin de Compostelle qui avait promis le poids de cire du serpent s’il était sauvé. Lorsque l’ermitage fut détruit pour construire la maison de retraite, après 1985, parmi les objets contenus dans la chapelle, cette « relique » a été transportée dans la chapelle de l’ermitage Nuestra Senora de Belen où on la montrait à quelques visiteurs privilégiés. Très abîmée, elle fut reléguée ensuite dans un tiroir, cassée en deux. »

C’est là qu’elle était en 1996, quasiment oubliée.


La sacristie du sanctuaire de Nuestra Senora de Belen
La sacristie du sanctuaire de Nuestra Senora de Belen
Aujourd’hui, en 2011, la peau, sortie de cette retraite, est suspendue au mur de la sacristie. La tête du serpent n’est pas là, ce qui prouve bien qu’elle a été coupée par l’épée de saint Jacques, ou par son bourdon !
Ce n’est donc pas un ex voto, mais bien une relique puisque l’objet a été touché par le saint. L’ex voto aurait été le poids de cire du serpent promis par le pèlerin, mais on ne l’a pas retrouvé !
La légende évoluant, on lit ça et là que c’est saint Lazare qui aurait tué la bête. Aujourd’hui, selon le curé, ce pourrait être la Vierge en personne... mais il n'a pas l'air de trop y croire.

L'auteur du miracle varie selon le lieu où est conservé l’objet ce qui somme toute est classique.  Pour que saint Jacques l’emporte définitivement, il faudrait transporter le serpent dans la chapelle Saint-Jacques de l’église Santa Maria ! Ce n’est pas à l’ordre du jour ! D'autant que pour le curé il s'agirait plutôt d'un trophée. Pour lui une chose est sûre, l'animal n'est pas originaire d'Europe.

Avis de recherche !

Le pignon de l'église Santa-Maria et ses cigognes
Le pignon de l'église Santa-Maria et ses cigognes
On recherche conquistador, natif de Belorado, ancien pèlerin de Compostelle, miraculeusement sauvé de l'attaque d'un serpent dans une forêt des Indes.

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Denise Péricard-Méa

Patrimoine contemporain | Comprendre et sauvegarder le patrimoine jacquaire