" Un document exceptionnel, et sur le pèlerinage, et sur l’époque ". Jérôme Garcin à Denise Péricard-Méa.

L'homme à cheval sur les chemins de Compostelle, 1963

1963, l’aventure commence, 4 cavaliers emboîtent le pas d’Henri Roque pour rejoindre Saint-Jacques de Compostelle. Accompagnés depuis le Somport par 4 officiers espagnols, ils atteignent leur but le 28 juin 1963. Partis pour une aventure sans lendemain, comme pour un défi, on découvre, ils découvrent, qu’ils ont été les pionniers de la reconversion du cheval dans la société d’aujourd’hui, qu’ils ont montré le chemin à tous les pratiquants d’équitation d’extérieur.



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Présentation du voyage de Jérôme Münzer par Robert Plötz

Cet article reprend, avec une mise en page adaptée, la préface que Robert Plötz a écrite pour la publication en français de l'intégralité du récit du voyage de Jérôme Münzer, médecin de Nuremberg,

31/08/2017


La Fondation David Parou Saint-Jacques a entrepris un vaste projet de publication des récits de voyageurs passés par Saint-Jacques-de-Compostelle entre le bas Moyen Age et l’époque moderne. Ont déjà été publiés les voyages de Sebastian Ilsung (1446), de l’évêque arménien Martyr (1489-1496), d’Hermann Künig von Vach (1495), du seigneur flamand Antoine de Lalaing (1502), du Flamand Jean de Zeilbeke (1512), du capitaine suisse Heinrich Schönbrunner de Zug en Suisse (1531), du seigneur bohémien Léon de Rozmital et de Jean de Tournai, pèlerin de Rome, Jérusalem et Compostelle.

Sept auteurs, une première traduction intégrale

Sept auteurs différents se sont partagé la première traduction intégrale en langue française du voyage de Jérôme Münzer, à partir du seul manuscrit latin de la bibliothèque d’Etat de Bavière à Munich qui, aujourd’hui encore, n’a été transmis que par une unique copie. L’édition scientifique en français de récits de voyageurs européens de leur langue d’origine ou du latin témoigne de la grande compétence de la Fondation David Parou Saint-Jacques et de sa responsable scientifique, Denise Péricard-Méa. Jusqu’alors ce récit n’avait été mis en valeur que par des publications ou traductions partielles, surtout de sa partie espagnole.
 

Le voyage d'un érudit

Carte du voyage de Jérômr Münzer
Carte du voyage de Jérômr Münzer
Voyager à travers la moitié de l’Europe n’est pas un privilège du tourisme moderne. Vers la fin du Moyen Age, il fallait évidemment y consacrer un à deux ans, mais des bourgeois aisés comme ceux d’Augsburg ou Nuremberg pouvaient se le permettre. Ce récit vieux de cinq cents ans décrit le déroulement d’un tel voyage et le lecteur contemporain peut sûrement encore s’intéresser au voyage, s’étonner, s’instruire et y participer.
 
 

Qui était Jérôme Münzer ?

 Il est né en 1437 à Feldkirch dans le Vorarlberg. Après des études des arts libéraux à Leipzig,  il obtint le titre de docteur en médecine à Pavie et s’installa à Nuremberg. (Les arts libéraux se divisent en deux degrés : le Trivium qui comprend la grammaire, la dialectique et la réthorique et le Quadrivium qui comprend l’arithmétique, la musique, la géométrie et l’astronomie).
En 1494, alors que la peste y sévissait, Münzer chercha le salut dans la fuite. Il laissa femme et enfant dans la ville impériale et entreprit un long voyage d’environ 7000 km qui le conduisit entre août 1494 et le 15 avril 1495 de Nuremberg par la Suisse et la France en Espagne et au Portugal et finalement dans les Flandres.
Nuremberg était, aux environs de 1500, un des plus grands centres intellectuels de l’humanisme. Dans les cercles scientifiques locaux, le médecin de Feldkirch prit part à diverses entreprises, comme par exemple le globe de Martin, terminé en 1492, et à une des plus grandes entreprises de son temps, la chronique mondiale d’Hartmann Schedel imprimée un an plus tard en allemand qui, à elle seule, comprend 597 pages et 1804 gravures sur bois.
Les motifs du voyage de Münzer étaient multiples. Münzer s’intéresse à tout et le décrit dans l’esprit de curiosité critique de son temps en faisant souvent des comparaisons avec des éléments qu’il connaît de sa ville de Nuremberg. Il était vraisemblablement aussi chargé d’une mission diplomatique de l’empereur Maximilien. Au cours de son voyage il rencontra le roi Ferdinand d’Espagne à Madrid et s’entretint avec le roi du Portugal Jean II à Evora. De fin novembre à début décembre 1494 il passa six jours à Lisbonne où on l’informa sur les combats des Portugais en Afrique du Nord et lui fit rapport sur les voyages de découvertes.
 
 

Münzer rejoint ses contemporains et leurs récits de voyages dans leurs critiques des reliques comme celles de Saint-Sernin de Toulouse ou de la cathédrale de Santiago. Il nous a aussi rapporté une copie d’une partie du Liber Sancti Jacobi, en particulier du Pseudo-Turpin qu’il fit à Compostelle grâce vraisemblablement à un chanoine nommé Jean Ramus. Le schéma de l’église de Santiago qui figure dans cette copie passe pour être la plus ancienne représentation d’une église dessinée par une main privée dans le monde médiéval latin. Cette copie serait aussi l’explication d’un séjour de neuf jours à Compostelle, l’un des plus longs.
Il n’en reste pas moins que le sanctuaire de Santiago qui ne pouvait être évité dans ce voyage n’en était en aucun cas le but.
 
Robert Plötz
Président de la Société Saint-Jacques en Allemagne
Plan de la cathédrale de Compostelle rapporté par Jérôme Münzer
Plan de la cathédrale de Compostelle rapporté par Jérôme Münzer

couverture du récit de voyage de Jérôme Münzer
couverture du récit de voyage de Jérôme Münzer

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Fondation Ferpel

Jean de Tournai | Léon de Rozmital | Jérôme Münzer








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