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Une représentation exceptionnelle de la Translation de saint Jacques

La représentation des taureaux sauvages domptés pour transporter le corps est rarissime en dehors de l’Espagne où elle se trouve assez souvent, par exemple au musée du Prado ou sur un retable de l’église Santa Maria de Villalcazar de Sirga. Mais un tableau conservé à Berne, s’il montre effectivement des taureaux au premier plan, est d’une très grande richesse

12/03/2018


Une image unique, d’un intérêt exceptionnel

La Translation de saint Jacques, panneau d'un triptyque du XVe siècle démantelé
La Translation de saint Jacques, panneau d'un triptyque du XVe siècle démantelé
Ce tableau représente en réalité toute la légende de la Translation, d’une manière tout à fait exceptionnelle, qui semble n’avoir jamais été mise en image ainsi, même en Espagne. Il récapitule tous les événements qui se seraient passés à Padron au moment de l’arrivée du corps de saint Jacques en Galice, venu de Jérusalem dans une barque de pierre miraculeuse (à l’arrière-plan, au centre du tableau), accompagné de quelques disciples. Les hommes demandent à la reine Louve (son château un plan davantage en arrière) un lieu pour ensevelir saint Jacques. Elle les fait poursuivre par l’armée du roi mais, au passage des soldats, un pont s’écroule, évoqué en haut à gauche du tableau. La reine envoie alors les disciples chercher des bœufs sauvages dans la montagne, là où règne un affreux dragon (mort en crachant du feu, coupé en deux, en haut à droite). Les bœufs deviennent doux (en bas à droite). L’un des disciples montre la croix qu’ils ont brandie pour terrasser le dragon. C’est ensuite, lorsqu’ils redescendent de la montagne, que la reine se convertit. Voici comment la Légende dorée raconte une partie de ce tableau :
« ’Prenez mes boeufs qui sont sur la montagne ; attelez-les à un char, portez le corps de votre maître, puis dans le lieu qu'il vous plaira, bâtissez à votre goût’. Or, elle savait que ces bœufs étaient des taureaux indomptés et sauvages […] Les disciples, ne soupçonnant pas malice, gravissent la montagne, où ils rencontrent un dragon qui respirait du feu ; il allait arriver sur eux, quand ils firent le signe de la croix pour se défendre et coupèrent ce dragon par le milieu du ventre. Ils firent aussi le signe de la croix sur les taureaux qui, instantanément, deviennent doux comme des agneaux ; on les attelle ; et on met sur le char le corps de saint Jacques avec la pierre sur laquelle il avait été déposé ».

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Denise Péricard-Méa

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