Bonjour Dominique, vous avez écrit :

"Pensez vous qu'il est dangereux pour une femme de 40 ans de partir seule
sur le Chemin de Saint-Jacques en été ? J'ai une très forte envie de ça
mais tout mon entourage me le déconseille, me traite de folle, d'insconciente.....
Suis-je si naïve et le danger existe t il vraiment ???
Merci beaucoup pour votre réponse



Rédigé par Pierre Prénat le Vendredi 25 Juin 2010 à 15:19

Voici la question posée par Mathilde
Je m'appelle Mathilde , j'ai 15 ans et j'ai l'ambition de faire le pèlerinage l'été prochain.Vu mon age pensez vous que cela serait possible? De plus j'aimerais partir sans mes parents mais ils ne veulent pas que je parte toute seule ce qui est normal, mais je ne sais pas avec qui partir !!!

Enfin, pourriez vous m'envoyer les fiches d'informations ?


Bonjour Mathilde.

Vos parents ont raison de ne pas vouloir que vous partiez seule. En effet, vous êtes bien jeune. Même si le chemin n'est pas un désert, je pense que ce ne serait pas raisonnable.

Je comprends que vous aimeriez partir sans vos parents. À votre âge, on essaie de reconnaître son chemin toute seule. Mais, il ne faut surtout pas faire n'importe quoi.

À votre âge, on est très généreux. Souvent, il suffit qu'une personne mal intentionnée, qui vous paraît sympathique, vous présente sous un angle alléchant, une chose mauvaise en soi, pour que vous partiez sur une mauvaise voie. Ce serait dommage. On le voit si souvent, même dans les écoles, avec la drogue et bien d'autres choses.

Par contre, si j'étais vous, j'essaierais de convaincre une personne adulte, avec qui vous vous entendez très bien (la vie sur le chemin est dure et implique beaucoup de tolérance, il faut que chacun y mette du sien, sinon la vie devient vite un enfer) et en qui vous avez entièrement confiance, et vos parents aussi, d'aller avec vous à Compostelle.

Vouloir faire le pèlerinage est une très bonne idée, pleine d'enseignements. Vous allez découvrir énormément de choses.
Tout d'abord, vous allez apprendre à vous connaître, et ce ne sera pas la plus petite affaire.
Vous allez découvrir que vous pouvez faire des choses que vous ne soupçonniez pas, ne serait-ce que marcher tous les jours, par tous les temps, fatiguée ou non... et que vous pouvez aller au delà des limites physiques que vous imaginiez.
Vous allez apprendre la persévérance. Il faut du courage pour se lever tous les matins tôt, même si vous êtes encore fatiguée de la veille et que vous voudriez rester couchée... Il y a une route à faire, il faut la faire. Vous verrez que vous pouvez réaliser un projet en entier, même s'il est difficile.
Que vous pouvez aller jusqu'au bout d'une chose, uniquement parce que vous le voulez, et non parce qu'on vous l'impose ou pour faire plaisir à quelqu'un ou simplement pour obéir. Il vous faudra du courage, de la volonté, de l'endurance, et tout un tas de choses pour que votre projet réussisse, mais quelle joie pour vous d'y être arrivée. Vous n'aurez fait ça que pour vous. Pas pour les autres. Vous en garderez un souvenir inoubliable.

Mais vous allez aussi apprendre
Que vous n'êtes pas le centre du monde. Tous les pèlerins, autour de vous, font la même chose que vous et ont les mêmes soucis. Il ne faut donc pas tout ramener à vous et les ennuyer avec vos petits soucis... ils ont les mêmes... De ce côté là, vous n'êtes pas seule. .!
Que vous n'êtes pas meilleure que les autres. Tous les pèlerins ont fait comme vous. Vous pouvez être fatiguée, avoir des ampoules, avoir eu soif, avoir eu chaud, vous êtes tous au même point. Certains seront même en meilleure forme que vous. Il ne faut pas vous dire que vous avez fait un exploit... Ce que vous aurez fait est tout à fait naturel.
L'humilité. Ce que vous faites, tous le font. Ce n'est pas un exploit. Beaucoup font mieux. Ne vous vantez surtout pas, ni de ce que vous avez fait, ni de votre rang social. (de toutes façon, vous n'en êtes pas responsable. ) Les vantards qu'on rencontre sur le chemin, ou ailleurs, ils ne sont jamais appréciés.
Vous allez apprendre la découverte de l'AUTRE. En effet, vous n'êtes pas seule sur terre. Il y a tous les autres. Il faut apprendre à vivre avec eux, à les aimer, à essayer de les comprendre et non à les juger tout de suite sans savoir. Vous rencontrerez des personnes de tous les pays et de toutes religions. Certains disent même ne pas en avoir... Mais ils existent et ont les mêmes droits que vous.
Le partage. Je n'ose pas croire que vous n'aidiez pas un pèlerin en difficulté au bord du chemin. S'il n'a rien à manger alors que vous avez un bon casse croûte, vous aurez certainement l'idée de le partager avec lui. S'il était fatigué, je suis certain que vous l'aideriez à porter son sac. S'il était découragé, vous lui parleriez pour le réconforter... s'il était dans la peine, vous essaieriez le de consoler. Vous verrez le bien être que vous en ressentirez.
La tolérance. Il vous faudra supporter les autres et leurs idées, même si elles ne sont pas les vôtres. Il vous faudra aussi supporter les odeurs dans les gîtes. On a beau se laver, la transpiration qui imprègne les sacs devient vite fort incommodante. Il faudra supporter le bruit que font les ronfleurs dans les dortoirs, Les pauvres n'y peuvent rien mais ils sont fort dérangeants. Il vous faudra aussi supporter tout un tas de choses que vous n'avez pas l'habitude de supporter chez vous... C'est un apprentissage.
Le respect des autres. Il vous faudra aussi penser à vos actes pour ne pas déranger les autres... ne pas les juger sur leurs idées, et leurs actes... Qui sommes-nous pour pouvoir juger les autres ?
Vous allez apprendre à écouter les autres. Vous entendrez proférer des idées que vous n'approuvez pas forcément ou auxquelles vous n'auriez pas pensé. En marchant pendant la journée, vous pourrez y réfléchir...
Vous allez aussi découvrir l'amitié. En effet, vous rencontrerez sur le chemin des personnes avec qui vous sympathiserez, pourrez marcher et parler et c'est ainsi qu'on se fait de vrais amis.
et j'en oublie...

Si je puis vous donner un dernier conseil, si vous en avez le temps, essayez de faire ce pèlerinage en une seule fois en partant de chez vous, comme le faisaient les pèlerins d'autrefois. En effet, si vous ne partez que pour huit ou quinze jours, vous allez souffrir pendant la première semaine et lorsque vous vous arrêterez vous serez en pleine forme physique et si on n'a marché que peu de jours, on recommence à souffrir l'année suivante... à moins d'être masochiste.. Après une mise en forme de huit ou quinze jours, on marche par plaisir, et on peut voir la nature, la sentir, l'écouter et l'entendre,
On vit vraiment une expérience formidable.
Pour aller par exemple de la frontière espagnole il vous faut un petit mois. En partant de chez vous (je ne sais pas où vous habitez), il faudra un peu plus de temps. Pour moi, parti de chez moi, il m'a fallu deux mois vraiment inoubliables; .

J'espère ne pas avoir été trop long.
Je vous envoie avec plaisir les fiches que vous me demandez qui vous aideront à préparer avec soin votre pèlerinage.
Je souhaite que votre projet se réalise en conformité avec les vœux de vos parents, mais je suis certain que vous trouverez une entente.
Je ne vous demande en échange que deux toutes petite choses :
priez pour moi sur le chemin et à Compostelle,
faites moi connaître comment s'est réalisé votre projet.

Croyez en mon amitié jacquaire,

Pierre
Rédigé par Pierre Prénat le Samedi 5 Décembre 2009 à 16:51

Voici la question posée à Pierre :
J’ai des difficultés pour marcher. Cependant, j’aimerais faire un bout de chemin sur la voie de Saint- Jacques. Etant Creusoise, pourriez-vous m’indiquer l’itinéraire des chemins à emprunter en Creuse ? Je vous remercie de me donner un itinéraire assez précis, celui des chemins ruraux si ceux-ci font partie du chemin de Saint-Jacques.


Et sa réponse

Vous avez des difficultés pour marcher. Comment faut-il que je comprenne votre handicap ? Comment puis-je vous répondre correctement si je n'en sais pas plus ?
Vous ne pouvez pas faire plus de trois kilomètres par jour ? Vous pouvez en faire beaucoup plus ?
En fait, combien de kilomètres vous sentez-vous capable de faire dans une journée avec un sac à dos avec ou sans canne ?
Généralement, un pèlerin moyen fait 25 km par jours, sachant que les premiers jours il n'en fait qu'entre 10 et 15 car son corps n'est pas encore habitué et il faut l'aguerrir progressivement.

Maintenant, il faut bien penser que vouloir aller prier saint Jacques n'impose pas qu'on aille forcément à Compostelle. L'intention seule compte et on peut très simplement aller se recueillir dans une église dédiée à saint Jacques. Si vous êtes sincère, il vous écoutera.
Je suis persuadé qu'il y en a de nombreuses dans la Creuse, il y en a entre autre une à La Souterraine.

Il existe dans la Creuse un Chemin vers Compostelle qui vient de Vézelay. Vous en trouverez la description dans le guide de la F.F.R.P. décrivant le G.R. 654
Vous pourrez aussi vous renseigner auprès d'une association jacquaire riveraine de ce chemin, car elles sont toujours au courant de toutes les informations récentes ayant trait à ces itinéraires.

En attendant, je vous souhaite une complète réussite de votre projet. Je vous demanderai seulement de me donner un petit signe de vie pour me dire commet se sera passé votre entreprise et de prier pour moi sur le chemin.
Rédigé par Pierre Prénat le Lundi 20 Juillet 2009 à 22:38

Pierre a le ton juste pour calmer les inquiétudes et encourager celui qui ne se sent pas capable de répondre à une envie de partir et de concrétiser une décision.


Je vais arriver au terme de mes 52 ans, et il me semble qu’il me reste quelque chose à accomplir. J’ai d’abord envie de faire le point avec moi, de savoir ou j’en suis, et si je suis capable de faire
ce pèlerinage pour le donner à ceux que j’aime.
Je pourrais énumérer d’autre cause pour ce pèlerinage !!! Saint-Jacques-de-Compostelle est pour moi une façon de remercier … Je partirai de Chateauneuf sur Loire (45110) début juillet et je reviendrai par le train quand je serai arrivé.

Rédigé par Pierre Prénat le Lundi 20 Juillet 2009 à 19:33

Beaucoup de femmes n'osent pas s'aventurer seules sur le chemin.
Voici la question de L. à Pierre :

Depuis quelques temps j'envisage de parcourir seule le chemin de Compostelle.
Pouvez-vous m'aider à préparer au mieux ce chemin ?


Rédigé par Pierre Prénat le Dimanche 29 Mars 2009 à 15:40

Conseils donnés par Pierre à un futur pèlerin hésitant à partir avec un âne.
Il ne faut pas avoir peur pour l'âne, c'est plutôt lui qui vous crèvera si vous prenez soin de le faire reposer et brouter régulièrement. .. et vous aurez en plus le plaisir d'avoir accompli une grande chose... avec Compostelle au bout...


Je suis parti de chez moi et suis arrivé deux mois après à Compostelle. Sur les chemins de campagne, mon âne marchait en liberté derrière moi, en montagne souvent devant... j'étais trop lent pour lui. Il faut vous mettre dans la tête que vous êtes son seul point de repère. Il ne vous quittera pas des yeux. Il pourra s'arrêter de ci de là pour brouter mais dès que vous serez un peu loin, il vous rattrapera en courant. Résultat, il marchera à votre vitesse entre 4.5 et 5 km/h. alors que si vous le tenez à la longe, vous serrez obligé de marcher à son pas et de vous arrêter chaque fois qu'il voudra brouter ou voir quelque chose qui l'intéresse dans la nature... soit environ 3 km/h... De plus, , il sait très bien que c'est vous qui avez les cartes et la boussole... Donc sans vous il est perdu...

Bien entendu, la première fois que je l'ai lâché, je n'en menais pas large mais ça a marché.

Je le prenais à la longe sur les routes où il y avait quelque circulation et naturellement en agglomération. Je le tenais au licol....
Rédigé par Pierre Prénat le Samedi 28 Mars 2009 à 22:23

Question posée à Pierre,
Je me permets de vous contacter pour un prochain départ (17 avril
2009) avec mon mari. Nous nous sommes arrêtés à Conques l'année dernière
où nous comptons reprendre mais pour la variante de Rocamadour.
Pourriez-vous m'indiquer si le chemin est balisé? Ou si il vaut mieux prendre une
carte IGN ? D'autre part nous n'avons que 6/7 jours....du coup nous
hésitons entre avancer sur cette variante, puis essayer de trouver un bus
pour nous ramener vers Cahors ou couper à Rocamadour à pied vers Cahors,
mais nous avons peur de nous éloigner du CHEMIN et de ne plus nous sentir
en marche vers Saint-Jacques...mais randonneurs.... Voilà je ne sais pas si
vous connaissez cette partie ou pas, mais d'avance merci pour votre
réponse. Ultreia!


Bonjour.

Pour le balisage du chemin variante vers Rocamadour, je n'ai pas parcouru ce tronçon, mais si vous vous munissez du guide, vous suivez les indications qui sont portées et les balises sur le chemin et tout ira bien. Rien ne vous empêche non plus de vous munir d'une carte IGN et d'une boussole. C'est toujours mieux, si on sait s'en servir... C'est ce que je fais toujours car quelques fois, je fais moi-même mon chemin pour éviter les détours...

Il ne faut pas se faire une idée qu'on devient randonneur parce qu'on s'écarte du "CHEMIN". Il faut bien vous dire qu'il n'y a pas de chemin plus historique ici que là. Tous les chemins qui partent de chez vous et vont à Compostelle, Rome, Jérusalem sont historiques.

Il faut bien vous dire que les pèlerins ne partent du Puy que depuis 1970 environ. Avant, on ne parlait pas de saint Jacques au Puy où j'ai habité de 1950 à 65... ... Il y avait des pèlerinages oui, mais à la Vierge noire ou à Saint Michel...

L'invention de la "ROUTE du Puy" vient d'une exploitation de la traduction d'un texte qui n'était connu que d'érudits, traduit en 1938 puis on en a profité pour monter en épingle le pèlerinage de l'évêque du Puy, Godescalc en 800 et des poussières. La FFRP a créé un chemin très bien balisé il faut le reconnaître, qu'elle a appelé chemin de Compostelle et le tourisme a fait le reste...

Lorsque je suis parti pour Compostelle, Je suis parti de chez moi en suivant la carte IGN et mon choix de trajet et j'ai fait un pèlerinage aussi valable qu'un autre. Tranquillisez-vous, ce qui compte, c'est l'intention que vous mettez dans votre marche et votre démarche.

J'espère avoir répondu à votre question et ne pas vous avoir trop déçus !
Je vous souhaite une entière réussite de votre court trajet.
Croyez en mon amitié jacquaire,
PP






Rédigé par Pierre Prénat le Samedi 28 Mars 2009 à 21:45