Nouveaux regards sur Compostelle, le pèlerinage et les chemins de Saint-Jacques
Une recherche vivante, une attention permanente

Pèlerins et chercheurs


Association de chercheurs bénévoles et indépendants, professionnels et amateurs, la Fondation David Parou Saint-Jacques renouvelle la vision de Compostelle et des cultes à saint Jacques

 
 
La Fondation est née en 2000 de la volonté de faire coopérer des chercheurs de toutes disciplines et de toutes origines. Elle a été constituée en association selon la loi de 1901 en 2002 avec la double dénomination :
Fondation David Parou Saint-Jacques,
Fondation Européenne pour la recherche sur les pèlerinages et l'acronyme FERPEL.
L'Institut Européen des Itinéraires Culturels en a été membre fondateur. En 2003, elle a réalisé les pages relatives à Compostelle de son site Internet.
 
Elle souhaite :
• renouveler la connaissance des cultes et pratiques du pèlerinage en Europe du Moyen Age à nos jours
• contribuer à faire mieux connaître, sauvegarder et mettre en valeur le patrimoine jacquaire

Elle offre ses services à tous les organismes, politiques, culturels, touristiques qui ont besoin d'informations actualisées et fiables. Elle apporte son concours aux étudiants de tous niveaux dont les recherches "croisent" saint Jacques et coopère avec des enseignants et chercheurs pour partager des résultats de recherche.
 
La Fondation représente au début de 2011 un réseau d'une soixantaine de chercheurs et d'un millier de sympathisants.
Ses sites Internet reçoivent plus de 1000 visiteurs par jour.
Elle est ouverte à toute personne physique ou morale intéressée par ses activités.


Des années saintes exceptionnelles, lettre n° 115


1885-1886 la bulle Deus omnipotens

En 1884, le pape Léon XIII répondit favorablement à la demande de l’archevêque de Compostelle en reconnaissant l'authenticité des reliques de saint Jacques découvertes en 1879.  Il le fit par la publication de la Lettre apostolique (ou bulle) Deus omnipotens  par laquelle il accorda le privilège des années saintes à l'année 1885, en avance d’un an sur celle qui suivait la séquence traditionnelle de onze ans après 1875.
Pour vénérer dignement ces reliques l’archevêque sollicita les fidèles du diocèse et des mécènes, en Espagne et en Amérique du Sud pour financer l’urne d’argent, encore visible sous le maître-autel.
Ci-dessous le dernier paragraphe de la bulle et voici un lien pour les visiteurs souhaitant lire ou parcourir le texte intégral de Deus Omnipotens.
 

 

« Et puisque la très noble nation espagnole, par la puissance merveilleuse de saint Jacques, a conservé intègre et inviolée la foi catholique, afin que Dieu dans sa miséricorde lui accorde la grâce, par la protection et l'intercession de son Patron, qu'au milieu de tant d'erreurs elle maintienne son âme dans la sainteté de la religion ancestrale et dans l'ardeur de la piété, Nous accordons le très grand privilège donné par Alexandre III Notre Prédécesseur (1159-1181) de jouir de l'indulgence plénière du Jubilé l'année où la fête de saint Jacques, 25 juillet, tombe un dimanche. Nous l'accordons aussi pour l'année prochaine, puisqu'on fera partout, le même jour, des fêtes solennelles en l'honneur de l'invention et de l'exaltation de son corps, en suivant le mode et avec les mêmes facultés contenues dans la Constitution du même Pontife, en date du 25 juillet de l'année 1179 ». Donné à Rome, près Saint-Pierre, l'an de l'Incarnation du Seigneur mil huit cent quatre-vingt-quatre, aux calendes de novembre, septième année de Notre Pontificat.

(1er novembre 1884) C. CARD. SACCONI, prodataire. F. CARD. CHIGI ».


1937-1938 la guerre civile

Dans l’article 8 du décret 325 du 21 juillet 1937, le général Franco ordonnait la reprise du versement de l’Offrande de la nation remise par le chef de l’Etat en personne à l’occasion des années saintes. Elle avait été supprimée par la République.
Mais, en ce 25 juillet, retenu par la bataille de Brunette, il délégua la tâche au chef des Armées du Nord, le général Davila: 
 

« Fils du Tonnerre, Seigneur des batailles, Patron des Chevaliers, Semeur de notre Foi, Soutien de notre esprit, reçoit l’hommage d’un peuple qui lutte bravement pour suivre le chemin que tu lui as tracé et qui défend sa personnalité et son rang dans le monde ».
 

L’intégralité de son discours et la réponse du cardinal Gomá1, primat d’Espagne, ont été traduits et publiés par la Croix du 18 août 1937. 
Le Jubilé de 1937 se termine pendant bataille de Teruel (15 décembre 1937-22 février 1938).
Le Pape Pie XI décide alors de prolonger l’Année Sainte en 1938. La revue Signo relate : 
 

« A la demande du Cardinal Gomá, de nos prélats et de la Jeunesse de l’Action Catholique Espagnole, Sa Sainteté le Pape Pie XI donne à l’Espagne une preuve d’amour exceptionnelle. Pour la première fois dans l’histoire se prolonge l’Année Sainte de Compostelle. C’est une remarquable distinction. C’est une réponse paternelle à une demande pleine de foi. Sa Sainteté élargit l’Année Sainte 1937 à 1938 afin que, si la guerre prend fin, les jeunes de l’Action Catholique Espagnole puissent réaliser leur souhait le plus cher ».


Le général Franco à Compostelle en 1938

Le 25 juillet 1938, le général Franco en personne était présent à Compostelle, avec son épouse. L’invocation à saint Jacques fut prononcée par le ministre de l’Intérieur Serrano Surer ; en terminant, il implore saint Jacques de faire
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« une Espagne, une, grande et libre, phare du monde et lien entre les nations, généreuse avec les égarés, mais ferme et dure comme Vous devant la trahison et les forces du mal ».

1 - Le cardinal Gomá se distancie ensuite de Franco par son refus de la Phalange. Il meurt en 1940, en disgrâce.


1948, déjà tournée « au-delà du rideau de fer »

Le 23 mai 1948 un pèlerinage militaire fut organisé le jour anniversaire de la bataille de Clavijo (là encore une date officielle pour commémorer un événement légendaire !). Il y eut encore une concentration des étendards de tous les régiments de cavalerie.
Le général Sandoval y Cutoli se souvient :
 

« chaque étendard a recouvert le tombeau de l’apôtre en même temps qu’il recevait son baiser afin qu’il reste toujours dans ses plis. Chaque nouvelle recrue pourrait ainsi, le jour de la consécration de sa vie à l’Espagne, recevoir, avec l’accolade du saint, l’esprit de la cavalerie espagnole ».
 

Le drapeau est devenu une relique puisqu’il a touché le tombeau du saint.
 
Le 19 juillet, la médaille d’or de la cité de Santiago fut remise à saint Jacques par le maire de la ville au nom de son Conseil. 

Denise Péricard-Méa
31/07/2021