Nouveaux regards sur Compostelle, le pèlerinage et les chemins de Saint-Jacques
Une recherche vivante, une attention permanente

Pèlerins et chercheurs


Association de chercheurs bénévoles et indépendants, professionnels et amateurs, la Fondation David Parou Saint-Jacques renouvelle la vision de Compostelle et des cultes à saint Jacques

 
 
La Fondation est née en 2000 de la volonté de faire coopérer des chercheurs de toutes disciplines et de toutes origines. Elle a été constituée en association selon la loi de 1901 en 2002 avec la double dénomination :
Fondation David Parou Saint-Jacques,
Fondation Européenne pour la recherche sur les pèlerinages et l'acronyme FERPEL.
L'Institut Européen des Itinéraires Culturels en a été membre fondateur. En 2003, elle a réalisé les pages relatives à Compostelle de son site Internet.
 
Elle souhaite :
• renouveler la connaissance des cultes et pratiques du pèlerinage en Europe du Moyen Age à nos jours
• contribuer à faire mieux connaître, sauvegarder et mettre en valeur le patrimoine jacquaire

Elle offre ses services à tous les organismes, politiques, culturels, touristiques qui ont besoin d'informations actualisées et fiables. Elle apporte son concours aux étudiants de tous niveaux dont les recherches "croisent" saint Jacques et coopère avec des enseignants et chercheurs pour partager des résultats de recherche.
 
La Fondation représente au début de 2011 un réseau d'une soixantaine de chercheurs et d'un millier de sympathisants.
Ses sites Internet reçoivent plus de 1000 visiteurs par jour.
Elle est ouverte à toute personne physique ou morale intéressée par ses activités.


1943, Le voyage à Compostelle

PÈLERINER dé-CONFINÉS
Avec Denise Péricard-Méa et les Constellations Saint-Jacques
Etape n°66

Un élément d'une politique globale

1943, Le voyage à Compostelle
Ce voyage s'inscrit dans la politique culturelle de la France en Espagne, pays où les Instituts et Lycées sont des pièces maîtresses. Jumelant religion et culture, les pèlerinages, organisés presque chaque année par Charles Pichon vers divers sanctuaires, apportèrent une contribution à cette politique. François Piétri eut à connaître un autre épisode, mêlant politique et religion, la translation des reliques de saint Firmin,  d'Amiens à Pampelune, déjà acceptée durant l'ambassade de Pétain. Navarrais et patron de Pampelune, Firmin était évêque d'Amiens au VIe siècle. A sa mort, il y avait été enseveli.

Un baroud d'honneur sans ostentation sous le signe du Maréchal

1943, Le voyage à Compostelle
Après le débarquement allié en Afrique du Nord (8 nov. 1942) et l'invasion de la zone libre en France (11 nov.), le vent tourne et Piétri louvoie entre les divisions des membres de son ambassade et de la communauté française, partagés désormais entre Vichy,  Alger ( Giraud et la Résistance française) et Londres (de Gaulle et la France libre).

Rassembler les Français sous la bannière du Maréchal est une sorte de baroud d'honneur avant la grande explosion qu’il sent venir.
Le projet de voyage à Compostelle devient public en avril 1943 et génère de nombreux courriers avec le Ministère des Affaires étrangères jusqu'à l’automne. L’ambassadeur expose son projet au recteur de la paroisse Saint-Louis des Français de Madrid, le père Azémar, le 30 juillet. On sent dans ses propos son grand souci de la composition du groupe qu’il souhaite « sans limitation ». Mais  il pressent des réticences.

« J’aurais l’intention d’organiser à Compostelle une petite manifestation française, le 25 août prochain, jour de la fête de Saint Louis,  pour honorer l’année sainte en y associant notre pays, sous le signe du plus vénéré et du plus populaire de ses rois. Le programme consisterait en une messe, dite par vous, à la chapelle Saint-Louis, de la cathédrale, en compagnie sans doute des principaux membres de l’archiconfrérie de Saint-Jacques et en présence, peut-être même, s’il veut bien y consentir, de S. E. l’évêque de Madrid ».

« Le groupe des Français se composerait de : vous et, s’il le peut, l’abbé Roque, les députés de Saint-Louis qui accepteraient de venir, le consul de la Corogne et son personnel, ainsi que les agents consulaires de Galice, le Supérieur du monastère d’Osera à qui j’écrirai spécialement, la colonie de Saint-Jacques, l’ambassadeur (et Madame) avec un ou deux de ses collaborateurs, le consul général de Madrid, M. Verdier directeur de l’Institut de Madrid et un ou deux de ses professeurs ».

L'idée d'un cadeau

Piétri souhaite faire « cadeau d’un objet sacré à la chapelle Saint-Louis ».  Le père Azémar est le premier à qui il dévoile cette idée.
Le 6 août, il informe Pierre Laval, ministre des Affaires étrangères à Vichy .
« Je souhaiterais pouvoir offrir à la confrérie un bel objet religieux ou tout autre souvenir un peu important et d’un caractère personnel au nom du Maréchal, sous le signe duquel je placerai ce pèlerinage ».

Cette idée d’un objet religieux n’est donc pas celle du Maréchal, bien qu’il n’ait pas hésité à se l’attribuer.

Deux jours plus tard, Laval télégraphie la réponse :

« Le maréchal Pétain offrira à Santiago un objet en argent, vraisemblablement un ciboire, que vous remettrez lors de votre visite officielle ».
 
Le 12 août, Piétri explique son espoir à Mgr Eijo Garay, évêque de Madrid :
« je crois que ce sera une belle manifestation, quoique modeste, à l’occasion de l’année sainte et une manière, dans le désordre et l’adversité actuels, de reprendre le chemin de Saint-Jacques et l’ancienne coutume de la chrétienté »

Denise Péricard-Méa
28/06/2020