Nouveaux regards sur Compostelle, le pèlerinage et les chemins de Saint-Jacques
Une recherche vivante, une attention permanente

Une vision renouvelée de Compostelle


Les marcheurs sur les chemins de Compostelle ont tous un téléphone portable. Ils ne téléphonent plus comme dans les années 1980. Par contre, leurs idées sur le pèlerinage sont souvent celles de ces années, sinon antérieures. Il existe même une tendance à la régression alimentée par des nostalgiques du retour à la Chrétienté médiévale. Ce site est pour tous ceux qui souhaitent un nouvel éclairage sur Compostelle et les chemins qui y conduisent.

La technique évolue. Les connaissances historiques évoluent aussi.
Des textes ou des images regardés sans a priori offrent de nouvelles interprétations. Mais les marcheurs sur les chemins de Saint-Jacques et les pèlerins de Compostelle sont tenus à l'écart de ces nouveautés.

La lecture des magazines sur les cultes à saint Jacques et Compostelle depuis plus de 50 ans est désespérément monotone. Les rédactions refusent de changer un discours qui plaît et qui fait vendre. Une pensée unique est établie. Les résultats de recherche qui ne lui correspondent pas sont écartés des publications et les voies discordantes ne sont pas invitées dans les colloques.
S'agissant de Compostelle règne au mieux le "à quoi bon changer le discours, tout le monde s'en contente", au pire l'hypocrisie la plus sincère.

Ce site veut répondre à ce manque d'informations en publiant :
- des résultats de recherches récentes, - des résultats de recherches plus anciens qui ont été occultés,
- des points de vue de personnes qui ont baissé les bras, incapables de résister seules à la marée des idées fausses,
- des travaux d'érudits locaux, amoureux de leur patrimoine, qui acceptent de le lire sans préjugés.

Mais il n'y a pas que défaut d'information par les tenants d'une tradition mal comprise. Il y a aussi
- une désinformation volontaire entretenue par la publicité de la Galice dont des scientifiques, des associations et des diocèses français sont complices,
- tous ceux qui vivent du chemin et ont intérêt à continuer à gruger le pèlerin.

Ce site est proposé par une association de chercheurs bénévoles, indépendants de tous les organismes qui tirent profit de la situation actuelle.
Ils proposent aux curieux de mieux comprendre le phénomène qu'est devenu Compostelle.
Ils se réjouissent de voir croitre le nombre de ceux qui les aident à endiguer le flots d'erreus circulant à son sujet.

Pour être tenus au courant régulièrement de nos travaux, inscrivez-vous à la Lettre d'information ou prenez contact avec nous par courriel.
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Des années saintes exceptionnelles, lettre n° 115


1885-1886 la bulle Deus omnipotens

En 1884, le pape Léon XIII répondit favorablement à la demande de l’archevêque de Compostelle en reconnaissant l'authenticité des reliques de saint Jacques découvertes en 1879.  Il le fit par la publication de la Lettre apostolique (ou bulle) Deus omnipotens  par laquelle il accorda le privilège des années saintes à l'année 1885, en avance d’un an sur celle qui suivait la séquence traditionnelle de onze ans après 1875.
Pour vénérer dignement ces reliques l’archevêque sollicita les fidèles du diocèse et des mécènes, en Espagne et en Amérique du Sud pour financer l’urne d’argent, encore visible sous le maître-autel.
Ci-dessous le dernier paragraphe de la bulle et voici un lien pour les visiteurs souhaitant lire ou parcourir le texte intégral de Deus Omnipotens.
 

 

« Et puisque la très noble nation espagnole, par la puissance merveilleuse de saint Jacques, a conservé intègre et inviolée la foi catholique, afin que Dieu dans sa miséricorde lui accorde la grâce, par la protection et l'intercession de son Patron, qu'au milieu de tant d'erreurs elle maintienne son âme dans la sainteté de la religion ancestrale et dans l'ardeur de la piété, Nous accordons le très grand privilège donné par Alexandre III Notre Prédécesseur (1159-1181) de jouir de l'indulgence plénière du Jubilé l'année où la fête de saint Jacques, 25 juillet, tombe un dimanche. Nous l'accordons aussi pour l'année prochaine, puisqu'on fera partout, le même jour, des fêtes solennelles en l'honneur de l'invention et de l'exaltation de son corps, en suivant le mode et avec les mêmes facultés contenues dans la Constitution du même Pontife, en date du 25 juillet de l'année 1179 ». Donné à Rome, près Saint-Pierre, l'an de l'Incarnation du Seigneur mil huit cent quatre-vingt-quatre, aux calendes de novembre, septième année de Notre Pontificat.

(1er novembre 1884) C. CARD. SACCONI, prodataire. F. CARD. CHIGI ».


1937-1938 la guerre civile

Dans l’article 8 du décret 325 du 21 juillet 1937, le général Franco ordonnait la reprise du versement de l’Offrande de la nation remise par le chef de l’Etat en personne à l’occasion des années saintes. Elle avait été supprimée par la République.
Mais, en ce 25 juillet, retenu par la bataille de Brunette, il délégua la tâche au chef des Armées du Nord, le général Davila: 
 

« Fils du Tonnerre, Seigneur des batailles, Patron des Chevaliers, Semeur de notre Foi, Soutien de notre esprit, reçoit l’hommage d’un peuple qui lutte bravement pour suivre le chemin que tu lui as tracé et qui défend sa personnalité et son rang dans le monde ».
 

L’intégralité de son discours et la réponse du cardinal Gomá1, primat d’Espagne, ont été traduits et publiés par la Croix du 18 août 1937. 
Le Jubilé de 1937 se termine pendant bataille de Teruel (15 décembre 1937-22 février 1938).
Le Pape Pie XI décide alors de prolonger l’Année Sainte en 1938. La revue Signo relate : 
 

« A la demande du Cardinal Gomá, de nos prélats et de la Jeunesse de l’Action Catholique Espagnole, Sa Sainteté le Pape Pie XI donne à l’Espagne une preuve d’amour exceptionnelle. Pour la première fois dans l’histoire se prolonge l’Année Sainte de Compostelle. C’est une remarquable distinction. C’est une réponse paternelle à une demande pleine de foi. Sa Sainteté élargit l’Année Sainte 1937 à 1938 afin que, si la guerre prend fin, les jeunes de l’Action Catholique Espagnole puissent réaliser leur souhait le plus cher ».


Le général Franco à Compostelle en 1938

Le 25 juillet 1938, le général Franco en personne était présent à Compostelle, avec son épouse. L’invocation à saint Jacques fut prononcée par le ministre de l’Intérieur Serrano Surer ; en terminant, il implore saint Jacques de faire
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« une Espagne, une, grande et libre, phare du monde et lien entre les nations, généreuse avec les égarés, mais ferme et dure comme Vous devant la trahison et les forces du mal ».

1 - Le cardinal Gomá se distancie ensuite de Franco par son refus de la Phalange. Il meurt en 1940, en disgrâce.


1948, déjà tournée « au-delà du rideau de fer »

Le 23 mai 1948 un pèlerinage militaire fut organisé le jour anniversaire de la bataille de Clavijo (là encore une date officielle pour commémorer un événement légendaire !). Il y eut encore une concentration des étendards de tous les régiments de cavalerie.
Le général Sandoval y Cutoli se souvient :
 

« chaque étendard a recouvert le tombeau de l’apôtre en même temps qu’il recevait son baiser afin qu’il reste toujours dans ses plis. Chaque nouvelle recrue pourrait ainsi, le jour de la consécration de sa vie à l’Espagne, recevoir, avec l’accolade du saint, l’esprit de la cavalerie espagnole ».
 

Le drapeau est devenu une relique puisqu’il a touché le tombeau du saint.
 
Le 19 juillet, la médaille d’or de la cité de Santiago fut remise à saint Jacques par le maire de la ville au nom de son Conseil. 

Denise Péricard-Méa
31/07/2021