Une recherche vivante, une attention permanente

Une vision renouvelée de Compostelle


Les marcheurs sur les chemins de Compostelle ont tous un téléphone portable. Ils ne téléphonent plus comme dans les années 1980. Par contre, leurs idées sur le pèlerinage sont souvent celles de ces années, sinon antérieures. Il existe même une tendance à la régression alimentée par des nostalgiques du retour à la Chrétienté médiévale. Ce site est pour tous ceux qui souhaitent un nouvel éclairage sur Compostelle et les chemins qui y conduisent.

La technique évolue. Les connaissances historiques évoluent aussi. Des textes ou des images regardés sans a priori offrent de nouvelles interprétations. Mais les marcheurs sur les chemins de Saint-Jacques et les pèlerins de Compostelle sont tenus à l'écart de ces nouveautés.
La lecture des magazines sur les cultes à saint Jacques et Compostelle depuis plus de 50 ans est désespérément monotone. Les rédactions refusent de changer un discours qui plaît et qui fait vendre. Une pensée unique est établie. Les résultats de recherche qui ne lui correspondent pas sont écartés des publications et les voies discordantes ne sont pas invitées dans les colloques.
S'agissant de Compostelle règne au mieux le "à quoi bon changer le discours, tout le monde s'en contente", au pire l'hypocrisie la plus sincère.

Ce site veut répondre à ce manque d'informations en publiant :
- des résultats de recherches récentes, - des résultats de recherches plus anciens qui ont été occultés,
- des points de vue de personnes qui ont baissé les bras, incapables de résister seules à la marée des idées fausses,
- des travaux d'érudits locaux, amoureux de leur patrimoine, qui acceptent de le lire sans préjugés.

Mais il n'y a pas que défaut d'information par les tenants d'une tradition mal comprise. Il y a aussi
- une désinformation volontaire entretenue par la publicité de la Galice dont des scientifiques, des associations et des diocèses français sont complices,
- tous ceux qui vivent du chemin et ont intérêt à continuer à gruger le pèlerin.

Ce site est proposé par une association de chercheurs bénévoles, indépendants de tous les organismes qui tirent profit de la situation actuelle.
Ils proposent aux curieux de mieux comprendre le phénomène qu'est devenu Compostelle.
Ils se réjouissent de voir croitre le nombre de ceux qui les aident à endiguer le flots d'erreus circulant à son sujet.

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Qui était René de La Coste-Messelière

Après avoir rappelé quelques souvenirs, cet article présente de larges extraits de la note biographique rédigée par Didier Ozanam, parue dans la Bibliothèque de l'École des chartes Année 1996 154-2 pp. 734-736



Quelques souvenirs

Qui était René de La Coste-Messelière
La famille de René de La Coste était originaire de Melle dans les Deux-Sèvres, où elle possédait le château des Ousches. Il se plaisait à dire que son amour pour les chemins lui avait été donné par sa grand-mère qui lui disait " le chemin de Saint-Jacques passe au coin de notre propriété " .  Il le découvrit ensuite pendant son séjour à Madrid.
Rentré à Paris, il adhéra à la Société française des amis de saint Jacques. En 1963, il chevaucha vers Compostelle sous la conduite d’Henri Roque, Maître randonneur. A son retour, il lança une grande enquête sur le patrimoine jacquaire pour lequel il établit de premières fiches. Pour l'année sainte 1965, c’est lui qui organisa une chevauchée vers Compostelle, encore conduite par Henri Roque, (voir lien ci-dessous).
En 1971, il participa aux grandes chevauchées du Mont, avec Hélène Leroux, future présidente de la première association des amis de saint Jacques en Bretagne. En 1982, il fut à l'origine de l'invitation des associations jacquaires européennes à Compostelle à l’occasion de la visite du pape Jean-Paul II. Il fut par la suite un animateur majeur de leur action pour aider l’Espagne à obtenir, en 1987, la définition des chemins de Compostelle comme premier Itinéraire culturel Européen.


Brève biographie

Infatigable promoteur des chemins de Saint-Jacques après la seconde guerre mondiale
Elève de l’Ecole des Chartes 1947-1950, pensionnaire de la Casa Velazquez à Madrid 1950-1952, diplômé de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, conservateur aux Archives Nationales à Paris de 1952 à 1986.
Dans les années 1950 il rejoint les fondateurs de la Société des Amis de Saint-Jacques présidée par Jean Babelon. D'abord Secrétaire Général, il devient président en 1978. Quelques années plus tard, il crée un Centre d’études compostellanes regroupant des chercheurs associatifs et des professionnels.
Jusqu’à sa mort il est souvent présent sur les chemins et, tout en encourageant les pèlerins, il organise (ou participe à) plusieurs grandes expositions sur le thème de saint Jacques, publie des articles sur les chemins de Saint-Jacques et la manière de les découvrir et les classer.
Dès 1965, il met en avant la dimension européenne des chemins de Compostelle et met son énergie à la construction de l’Europe par les Itinéraires Culturels.
A partir de 1985, il est membre du groupe d’Experts du Chemin de Santiago du Conseil de l’Europe qui conduit à la définition des chemins de Compostelle comme premier Itinéraire culturel européen en 1987.
 
biographie_rdlcm.pdf Biographie RDLCM.pdf  (149.61 Ko)

La passion pour le pèlerinage

À ses yeux, le pèlerinage n'était ni folklore, ni survivance de pratiques en voie de disparition, ni prétexte à légendes pieuses, ni même simple objet d'histoire. C'était une réalité bien vivante, une démarche répondant à un besoin profond de l'homme, à son désir de se libérer des contraintes de la vie quotidienne pour partir, seul ou en groupe, à la recherche d'un absolu spirituel, ou simplement de soi-même, à travers le dépaysement et l'effort physique. En ce sens, bien loin de constituer un témoignage archaïque ou rétrograde, le pèlerinage retrouve sa véritable dimension, celle d'un phénomène de civilisation où passé et présent se mêlent. Dans cette prise de conscience, dans cette réappropriation du pèlerinage, si visible aujourd'hui, René de La Coste-Messelière a joué un rôle de premier plan à partir des années 1950.
C'est dans cette perspective que s'inscrivent sa vie et son œuvre. Animé du triple souci de décrire, d'expliquer et de promouvoir, on le retrouve présent sur tous les fronts. Sur le terrain d'abord où, à sept reprises, il parcourt tout ou partie des chemins de Saint- Jacques : quatre fois il ira jusqu'à Compostelle.
 
Seul ou en collaboration, il publie des catalogues d'expositions, plusieurs ouvrages ou recueils et une quarantaine d'articles touchant aux aspects les plus divers des pèlerinages en général et de celui de Saint- Jacques en particulier (routes et itinéraires, toponymie, infrastructures d'accueil et hospitalières, églises et confréries).
 

Fondation Ferpel
19/04/2018